Julia Simon condamnée à 3 mois de prison avec sursis pour vol et fraude à la carte bancaire

Julia Simon condamnée à 3 mois de prison avec sursis pour vol et fraude à la carte bancaire La Française, biathlète la plus titrée de l'histoire des championnats du monde, a été condamnée ce vendredi 24 octobre.

Nous sommes à quelques mois des Jeux olympiques d'hiver de Milan - Cortina (6-22 février) et l'équipe de France pourrait être amputée d'une cadre et d'une grande star de la discipline en la personne de Julia Simon. La biathlète était jugée ce vendredi 24 octobre devant le tribunal correctionnel d'Albertville pour vol et escroquerie. A la surprise générale, elle a avoué tous les faits reprochés après avoir refusé d'admettre le vol pendant des mois.

La championne a présenté ses "excuses" aux victimes, sa coéquipière Justine Braisaz-Bouchet et une soignante de l'équipe de France de biathlon, mais s'est toutefois dite incapable d'"expliquer" son geste. "J'ai dû l'occulter, je n'arrive pas à conscientiser", a-t-elle dit à la barre, indiquant travailler avec un psychologue pour " comprendre tout ça, pour grandir et évoluer".

Cela ne suffira pas, le tribunal a déclaré Julia Simon coupable de l'ensemble des faits qui lui étaient reprochés et l'a condamnée à une peine de trois mois de prison avec sursis, ainsi que 15 000 d'amende. Elle devra par ailleurs rembourser les frais de procédure de Justine Braisaz-Bouchet et verser un euro de dommages et intérêts à la Fédération française de ski.

Quels sont les faits reprochés ?

Dans le détail, Julia Simon est visée par deux plaintes pour fraude déposées en décembre 2022 et mai 2023 par un membre de l'encadrement de l'équipe de France et par une de ses partenaires en club et en sélection, Justine Braisaz-Bouchet. Les faits qui lui sont reprochés se seraient produits lors d'un stage à l'été 2022 en Norvège. Elle est accusée d'avoir utilisé leurs cartes bancaires pour des achats sur internet d'un montant de "2.300 euros environ", selon les mots de son avocat Me Christian Borel. 

Quelles conséquences pour les JO ?

La position de la Fédération est difficile. La commission nationale de discipline de première instance le 1er juin 2023 avait "considéré que seuls les moyens d'investigation des enquêteurs et les résultats de l'enquête pénale permettraient de déterminer si les faits reprochés à Julia Simon sont avérés "et prononcée" un sursis à statuer une fois le volet judiciaire réglé". La Fédération expliquant" que la commission aura donc de nouveau à se prononcer lorsqu'un jugement sera rendu". Avertissement, radiation ou suspension... Tous les scénarios sont possibles. L'organe disciplinaire de première instance doit se prononcer dans un délai de dix semaines à compter de l'engagement des poursuites disciplinaires. L'appel n'est pas suspensif sauf décision motivée de l'organe disciplinaire de première instance. Concrètement, si Julia Simon est reconnue coupable, la Française pourrait être écartée des prochains JO, un coup dur sportivement pour l'équipe de France olympique.

Après la sanction, la FFS s'est exprimée, mais n'a rien voulu dire sur le plan sportif. "Il ne m'appartient pas de commenter la décision prise par le tribunal. Je pense que cette histoire, il fallait qu'elle aille au bout. On va reconvoquer une commission de discipline, indépendante je le rappelle. On va s'attacher à continuer de préserver l'intérêt des athlètes, de l'encadrement des équipes et puis de la vie du groupe ", a-t-il assuré. " Pour moi, c'est une journée importante. Il fallait que le problème soit purgé, il l'est et c'est parfait. On va s'attacher à faire en sorte que tous les athlètes, et je dis bien tous les athlètes, soient bien encadrés par les équipes. On continue à essayer de les accompagner au mieux pour qu'ils réalisent leur rêve" a expliqué son président, Fabien Saguez.