Mort d'Eugène Saccomano : Bernard Tapie inconsolable, les réactions

Mort d'Eugène Saccomano : Bernard Tapie inconsolable, les réactions EUGENE SACCOMANO - Les réactions se multiplient après l'annonce de la mort du journaliste sportif Eugène Saccomano, voix mythique du foot à la radio, emporté par la maladie à l'âge de 83 ans. "Qu'est-ce que je suis malheureux", a notamment réagi Bernard Tapie.

[Mis à jour le 8 octobre 2019 à 12h16] L'annonce du décès d'Eugène Saccomano déclenche de nombreuses réactions depuis hier soir, dont celle de Bernard Tapie, qui lutte lui aussi actuellement contre la maladie. Invité à s'exprimer au sujet de l a mort du journaliste sur l'antenne de de Cnews, hier soir, par Pascal Praud, l'ancien président de l'OM n'a pas pas masqué son émotion. "Ah punaise, vous ne pouvez pas savoir, qu'est-ce que je suis malheureux, a-t-il regretté. C'était un mec extraordinaire. On a l'habitude d'encenser les gens quand ils meurent mais lui, il était vraiment... Il avait d'abord une très grande compétence. Alors lui, il ne fallait pas lui apprendre à dire ce qu'il ne fallait pas sur le football  (...) Il avait une énorme intelligence et beaucoup de culture générale (...) Il y avait deux grandes figures, hein, Thierry Roland et lui . C'est fou, il y a tellement de choses que j'ai vécues avec lui que je suis incapable d'en ressortir une en particulier. (...) Même si il n'était plus présent sur les ondes, il était présent dans nos cœurs".

Ses anciens collègues de la radio et de la télévision ont également rendu un vibrant hommage à Eugène Saccomano. "C'était d'abord une voix, comme il y a eu Étienne Mougeotte ou Robert Namia", s'est souvenu Jacques Vendroux dans des propos relayés par l'Equipe, en ajoutant : "Il fait partie de l'ADN d'Europe 1. C'était un personnage et un grand nom de la radio (...) Avec Dominique Grimault et Pierre-Louis Basse (anciens journalistes d'Europe 1), on est allés le voir hier matin. On savait que c'était la fin. On l'a embrassé et on est partis". Ce même Dominique Grimault a salué la mort "d'une icône" tandis que Pierre Mènès a indiqué sur son compte Twitter : "Je n'oublierai jamais que c'est lui qui m'a fait débuter à la radio. Bye bye Eugène". Didier Roustan s'est lui notamment emémoré quelques "virées épiques" avec "Sacco" :

La mort d'Eugène Saccomano, journaliste sportif mythique, laisse donc un grand vide dans le monde du football. Son décès a été annoncée ce lundi 7 octobre 2019, par le journal Var Matin, suivi par l'hebdomadaire Le Point. Le quotidien local précise que le journaliste était "très affaibli", et que la cause de son décès serait une "déficience neurologique". Eugène Saccomano venait de passer ses vacances à La Garde-Freinet dans le Var. Mais de retour à son domicile de Rueil-Malmaison, en région parisienne, le journaliste avait été hospitalisé à Suresnes ces derniers jours à cause des symptômes de sa maladie, "au sein de l'établissement hospitalier Foch", précise Var Matin. Sa mort a ensuite été confirmée par ses deux anciens employeurs, Europe 1 et RTL.  

Eugène Saccomano, une carrière de commentateur

Eugène Saccomano, c'était cette voix inoubliable de la radio, et notamment de la station RTL. Il était indissociable du football : d'abord sur Europe 1, dès 1960, où il commenta des événements majeurs comme la Coupe du monde de football ou les Jeux olympiques. Il créa un style unique grâce à son talent pour maintenir le spectateur en haleine, même lorsqu'il ne se passait rien. Après avoir créé la première émission quotidienne sur le sport à la radio, Europe Sport, puis Le Match du lundi, il est mis à la retraite par Europe 1. Il rejoint alors RTL pour On refait le match, l'une des plus grandes émissions dédiées au sport. C'est ainsi qu'on découvrit son visage à la télévision, jusqu'en 2012, où il prend sa retraite.

Eugène Saccomano ne pourra néanmoins rester bien loin de la télé, puisqu'il commentera la Coupe du monde 2014 et l'Euro 2016. En 2014, le journaliste mythique reçoit le Prix de la carrière décerné par l'association des écrivains sportifs. Cela récompense une personnalité qui, tout au long de sa carrière, a apporté une contribution importante au sport, à sa diffusion et son retentissement. Eugène Saccomano était en effet avant tout un inventeur. C'est une véritable révolution dans le monde du journalisme sportif qu'il aura lancé : "Pour choper l'auditeur, je jouais sur les aigus, les changements de tempo, je faisais les montagnes russes. Je faisais du théâtre à la radio, avec une part de comédie", expliquait-il à l'Equipe.

Eugène Saccomano, l'écriture et Borsalino

Souvent imité et parfois caricaturé, Eugène Saccomano a marqué son époque. Ce qu'on sait moins de lui, c'est qu'il était aussi un fou d'écriture. En 1968, quand il était encore journaliste au Provençal, il publie Bandits à Marseille, un roman évoquant la vie de deux truands. Deux ans plus tard, il est adapté au cinéma sous le nom de Borsalino, réalisé par Jacques Deray, et reçoit un formidable succès. Néanmoins, le journaliste ne touchera jamais de droits d'auteurs dessus.

Il publie ensuite de nombreux ouvrages, surtout depuis sa retraite en 2012. Que ce soit des romans, ou des livres sur le football, Eugène Saccomano était un fou d'écriture. Il publia ainsi un ouvrage dédié à plusieurs auteurs qu'il admirait, comme Louis Ferdinand Céline : " Céline coupé en deux " ou encore à l'auteur provençal Jean Giono, avec " Giono, le vrai du faux ". En 2014, il confiait à France Info : "Beaucoup de gens me prennent pour un con, pour un fouteux qui ne comprend que le foot dans la vie, qui est un maniaque des tribunes de presse. Je le suis, mais j'adore la littérature aussi. Le plaisir que j'ai, c'est de découvrir de nouveaux livres." Depuis sa retraite, il le disait lui-même : " J'aime beaucoup aller flâner dans les librairies... Maintenant je ne fais plus qu'écrire ".

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