Isabelle Demongeot : qui est cette joueuse violée pendant 9 ans par Régis de Camaret ?

Isabelle Demongeot : qui est cette joueuse violée pendant 9 ans par Régis de Camaret ? ISABELLE DEMONGEOT. Lundi 22 novembre, une série événement de TF1, intitulée "Service volé", revient sur l'affaire de viol de la joueuse de tennis Isabelle Demongeot par son entraîneur...

Ce lundi 22 novembre, à partir de 21 h, la chaîne TF1 diffuse un téléfilm sur l'histoire d'Isabelle Demongeot, joueuse de tennis violée pendant près de 9 ans par son entraîneur de l'époque, Régis de Camaret. Âgée de 14 ans au moment des faits, la tenniswoman a raconté son histoire dans un livre en 2007, qui permettra d'ouvrir une véritable enquête sur les agissements de ce cadre de la Fédération française de tennis. Comme l'explique Le Parisien, alors que faits la concernant étaient prescrits, Isabelle Demongeot aura rassemblé les témoignages de 25 autres victimes à travers son livre, qui aboutiront à la condamnation de son agresseur à 10 ans de prison, en 2014.

Dans "Service volé", c'est bien l'abnégation de la joueuse pour faire éclater la vérité malgré les freins de la justice qui est mise en avant. "Ça fait 42 ans que j'attends ce moment, c'est vertigineux", expliquera Isabelle Demongeot.

Une série de viols entre 14 et 23 ans

C'est dans un livre publié en 2007 qu'Isabelle Demongeot a dénoncé les viols dont elle-même et d'autres joueuses ont été victimes de la part de l'entraîneur, Régis de Camaret. La joueuse était âgée de 14 ans au moment des premiers actes et vivra ce calvaire jusqu'à l'âge de 23 ans. Dans une interview pour LCI il y a quelques jour, l'ancienne sportive de haut niveau est revenue sur cette période douloureuse. "Ce n'est ni la faute de mes parents, ni la mienne, mais celle de cet homme qui n'aurait jamais dû croiser ma route car il n'avait pas le droit d'enseigner. Il était mis sur un piédestal parce qu'il entrainait les deux meilleures joueuses françaises. Son statut l'a protégé, on a même financé son camp d'entrainement alors qu'il violait des petites filles. C'est ahurissant (...)".

Isabelle Demongeot continue de plaider pour la libération de la parole des victimes aujourd'hui. "Un viol ça ne se voit pas. Quand vous me regardez, vous ne voyez pas que j'ai été violée. Mais c'est un vrai handicap pour toute la vie. Et on peut évidemment s'en sortir à condition d'être bien entourés, que ce soit par la famille ou par des bons thérapeutes", explique-t-elle. "Vous savez, je suis encore victime d'insultes aujourd'hui parce que je suis une femme violée. C'est quelque chose qui dérange parce que ça touche au sexe et à la domination masculine."

Régis de Camaret condamné, le monde du tennis incrédule

Si les faits dénoncés par la joueuse de tennis étaient prescrits au moment où l'affaire a éclaté, Régis de Camaret sera quand même condamné en appel en février 2014 par la cour d'assises du Var à dix ans de prison (condamné à 8 ans en première instance), pour des viols sur deux anciennes pensionnaires mineures de son club de Saint-Tropez. Ces deux plaintes n'étaient pas prescrites. Une condamnation synonyme de véritable victoire surtout que l'homme était défendu à l'époque par un certain Eric Dupond-Moretti, désormais ministre de la Justice.

Si l'affaire Demongeot a été jugée et l'entraîneur condamné, la parole de la joueuse n'a pas fait pas l'unanimité dans le monde du tennis . "On a vécu un isolement dans ces viols, et on ressent le même isolement quand on parle. Encore plus quand on ne parle pas dans les temps. Heureusement, depuis, le délai de prescription a été allongé (une victime de viol peut porter plainte 30 ans après sa majorité depuis 2018 - NDLR)", explique encore Isabelle Demongeot auprès du Parisien. "C'était le boom du tennis féminin. On ne voulait pas ternir notre image. On avait déjà eu du mal à ce qu'on parle de nous (...) Quand Sarah Abitbol (patineuse artistique qui dénoncera des faits similaires en janvier 2020 - NDLR) sort son livre on la croit. Le mien n'a pas eu beaucoup de retentissement avant que mon agresseur ne soit arrêté."

Que pense Isabelle Demongeot de la série un "Service volé" ?

Interrogée également par L'Equipe avant la diffusion du téléfilm de TF1, Isabelle Demongeot a expliqué comment elle a vécu cette nouvelle médiatisation, plusieurs années après le scandale. "Quand je l'ai vu la première fois, le 22 septembre, j'ai tout de suite pensé ça. Les images fortes du départ du film, c'est le trio infernal, c'est très parlant ces images de victoire avec les parents, la joueuse enfant et l'entraîneur, où des promesses se disent. Je me suis impressionnée en restant solide car j'avais déjà pris du recul bien avant sur mon histoire", explique-t-elle.

Isabelle Demongeot dit avoir donné un peu d'elle-même à Julie de Bona qui l'incarne "formidablement bien" dans la production de la première chaîne. "C'était moi, mais ce n'était plus moi, en fait. Mais c'est dur de jouer ce rôle. Elle ne voulait pas que je sois là tout le temps sur les prises pour me préserver et jouer sans avoir mon regard. Mais je voulais quand même venir quelques fois quand même !", confie l'ancienne sportive. "Ca se jouait dans mon village, chez moi dans mon club... Finalement on a réussi à inverser la chose, c'est qu'elle en a pris de la puissance et du courage. Et c'était assez fort."

Qui est Isabelle Demongeot ?

Isabelle Demongeot était une joueuse de tennis professionnelle dans les années 1980/1990. Elle obtiendra comme meilleur classement à la WTA une 35e place en 1988. Sur le circuit professionnel, elle remportera un seul titre en simple avec la Westchester Cup en 1991 mais 9 en double avec Nathalie Tauziat. Elle participera à deux Jeux olympiques avec l'équipe de France, à Séoul et à Barcelone et sera également membre de l'équipe de France en Coupe de la Fédération. Après sa carrière de joueuse, Isabelle Demongeot deviendra entraîneur d'Amélie Mauresmo entre 1999 et 2002.

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