Les clasico du foot Olympique de Marseille contre Paris Saint-Germain

Le choc entre l'Olympique de Marseille et le Paris Saint-Germain fait figure d'exception parmi les autres "clasico". Ici, pas de haine ancestrale à l'origine du choc, mais un arrangement entre deux clubs en quête de financement.

parisiens et marseillais se sont rencontrés pour la première fois en 1971.
Parisiens et Marseillais se sont rencontrés pour la première fois en 1971. © Pierre Stevenin

La pseudo-rivalité serait née dans les années 1980, comme le prétendent Jean-François Pérès et Daniel Riolo, auteurs de "OM-PSG, PSG-OM, les meilleurs ennemis" (2003). Canal Plus vient alors de racheter le PSG et a besoin d'un adversaire de taille pour augmenter l'audience télévisée des matchs de foot. De l'autre côté, l'OM de Bernard Tapie recherche un concurrent digne de son standing pour garnir son stade et croître sa popularité.

Les deux journalistes révèlent qu'en 1993 la chaîne cryptée a payé 3,5 millions d'euros à l'OM pour lui préacheter les droits de retransmission de ses futurs matchs européens, alors que le club phocéen était relégué en deuxième division suite à l'affaire OM-VA. Le but : donner un coup de pouce (financier) aux Marseillais, pour qu'ils retrouvent l'élite au plus vite.

Le clasico français résulte d'un accord entre Canal Plus, repreneur du PSG, et l'OM de Bernard Tapie

Des dérapages verbaux et quelques matchs sous haute tension ont fait de ce coup médiatique un véritable enjeu sportif. En 1989, le vainqueur du Clasico a aussi été champion de France cette année-là. C'est Marseille qui s'est finalement imposée dans les arrêts de jeu. Trois ans après, l'entraîneur du PSG, Arthur Jorge, se lâchait dans "L'Equipe" : "On va leur marcher dessus !"

Depuis, la rivalité n'a cessé de croître, jusqu'à devenir intolérable. Au cours d'un PSG-OM de la saison 2000-2001, un supporter phocéen a reçu un siège venant des tribunes parisiennes du Parc des Princes. Il est aujourd'hui paralysé à vie. En octobre 2009, le clasico prévu à Marseille, finalement annulé à la dernière minute (des joueurs parisiens étaient atteint par le virus de la grippe A), s'est joué dans la rue : les affrontements entre Parisiens et Marseillais ont fait des dizaines de blessés.