Quand on croise des oiseaux en ville, et notamment des pigeons, on peut parfois penser qu'ils s'envolent plus vite à l'approche de certaines personnes, alors qu'ils restent dans le sillage des autres, parfois même à quelques centimètres de leurs pieds. Et ce n'est peut-être pas qu'une impression ! Une récente étude, publiée dans la revue People and Nature, s'est penchée sur le comportement des volatiles. Ils ont analysé 37 espèces d'oiseaux urbains dans cinq pays européens, dont la France, et ont découvert un comportement semblable. Parmi eux se trouvaient le pigeon ramier, soit la plus commune des espèces de pigeons européens, mais aussi la corneille noire, le moineau domestique ou encore le merle noir.

Les chercheurs ont mesuré la distance qui séparait chaque animal d'une personne avant son envol, qu'ils ont prise comme indicateur de peur. Plus cette distance est longue, plus l'oiseau apparait craintif. Parmi les tests réalisés, un homme et une femme de taille comparable et vêtus des mêmes vêtements ont tenté de s'approcher des oiseaux dans un espace vert urbain, en marchant en ligne droite et en fixant l'animal du regard. 

Le résultat est surprenant : les oiseaux prenaient la fuite plus rapidement à l'approche des femmes, comme s'ils parvenaient à distinguer les sexes. Parmi les plus de 2500 observations, cette réaction a été observée dans tous les pays étudiés et pour de nombreuses espèces. Les spécialistes ont même évalué que les hommes pouvaient s'approcher à environ 1 mètre de plus que les femmes en moyenne : les oiseaux s'enfuyaient à 8,5 mètres de distance en moyenne pour les femmes contre 7,5 mètres pour les hommes. Ce chiffre est aussi influencé par le sexe de l'animal : les femelles s'envoleraient en effet plus tôt que les mâles. 

"Je crois pleinement à nos résultats, selon lesquels les oiseaux urbains réagissent différemment en fonction du sexe de la personne qui les approche, mais je ne peux pas les expliquer pour le moment", a déclaré Daniel Blumstein, co-auteur de l'étude et professeur au département d'écologie et de biologie évolutive de l'UCLA, dans un communiqué. Des recherches complémentaires sont nécessaires pour confirmer que ce comportement est généralisé et pour mieux comprendre une telle réaction. Les chercheurs ont toutefois avancé quelques hypothèses possibles : les phéromones, la morphologie ou la démarche pourraient jouer un rôle.