Chaque année scolaire apporte son lot de nouveautés. Pour la rentrée 2026, par exemple, un passeport d'éducation économique, budgétaire et financière est généralisé pour les élèves de 4e. Créée en 2019, cette formation était jusqu'alors réservée à certains collégiens et lycéens, de façon expérimentale. Le but est d'initier les adolescents à la gestion de leurs finances personnelles à travers des cours. L'examen permettant d'obtenir le passeport peut ensuite avoir lieu à tout moment de l'année, selon des modalités propres à chaque établissement.
Un autre domaine à intégrer au programme scolaire serait en réflexion. Radio France a, en effet, dévoilé début mai que Matignon aurait validé la promotion du "esport", soit la pratique en compétition des jeux vidéo en ligne, en milieu scolaire. La cellule investigation de Radio France aurait eu accès à la stratégie nationale "Esport 2026-2030". Quatre axes seraient prévus : un partenariat entre établissements et acteurs du secteur, "inscrire l'esport dans les parcours éducatifs", mais sans précision sur les modalités, "sensibiliser les jeunes aux débouchés professionnels de cette industrie" et "développer des outils pédagogiques à destination des enseignants et des supports de sensibilisation pour les familles".
Une expérimentation est d'ailleurs en cours dans l'académie de Versailles. L'objectif est de "mesurer, par la recherche, l'impact d'ateliers hebdomadaires esportifs sur le raccrochage scolaire, l'amélioration du climat scolaire et le développement de compétences cognitives, psychosociales, numériques et transversales", décrit le site de l'académie. Cette année, deux grandes rencontres d'esport étaient au programme ainsi que des ateliers co-animés par des professeurs référents et animateurs esportifs dans 20 établissements, ainsi que 18 heures de formation, notamment pour "évoquer les usages éducatifs de l'esport et des jeux vidéo en milieu scolaire".
Cela pourrait-il à l'avenir devenir un nouvel enseignement du programme scolaire ? Dans une tribune publiée dans Le Monde le 11 mai, de nombreux professionnels de santé et spécialistes des addictions aux écrans se sont inquiétés de cette promotion. Ils mettent en avant la sédentarité de cette activité, les risques pour la vision et le sommeil liés aux écrans ou encore le risque d'addiction.
Selon la ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative, Marina Ferrari, il n'en est rien. Le esport ne va pas rentrer dans le temps éducatif. "Il n'a jamais été question de faire entrer l'esport dans les programmes scolaires", a-t-elle assuré fin mai sur RMC. Elle a précisé que, dans l'académie de Versailles, il s'agissait seulement "d'une expérimentation dans le cadre du périscolaire, c'est-à-dire en dehors du cadre scolaire". "Comment on apprend aux enfants à avoir les bonnes pratiques, limiter le temps d'écran, comment on éveille aussi les parents sur ces problématiques...", a-t-elle alors justifié. L'Education nationale s'affaire aussi à accompagner "ces jeunes esportifs au même titre que les autres sportifs, dans l'organisation de leur temps scolaire", a-t-elle ajouté.