Le corps d'Ötzi, naturellement momifié, avait été découvert par des randonneurs allemands dans les Alpes de l'Ötztal, en Italie, en septembre 1991. Au moment de sa mort, l'homme des glaces mesurait environ 1,60 m et était âgé d'une quarantaine d'années. Une découverte surprenante vient d'être réalisée sur cette momie vieille de plus de 5 000 ans : son corps abritait des levures dont certaines pourraient être utilisées pour fabriquer du pain.
Les chercheurs ont, en effet, isolé plusieurs souches de levures adaptées au froid sur et dans la dépouille d'Ötzi. Des essais préliminaires ont montré que l'une d'entre elles pouvait être cultivée et utilisée pour faire lever une pâte. "Ça a fonctionné. La pâte était vraiment excellente", a expliqué Mohamed Sarhan, premier auteur de l'étude et microbiologiste à l'Institut de recherche Eurac sur les momies, à Live Science.
Ces levures proviendraient vraisemblablement de l'environnement glaciaire dans lequel Ötzi a été conservé. Elles auraient colonisé son corps après sa mort, notamment par ses ouvertures naturelles. Adaptées aux environnements extrêmement froids, certaines semblent avoir continué à se multiplier très lentement, malgré la conservation actuelle de la momie dans une chambre froide maintenue à −6 °C. Leur découverte a été présentée dans une étude publiée le 3 juin dans la revue scientifique Microbiome. Les chercheurs soulignent toutefois qu'ils ne savent pas encore si certaines cellules sont restées en sommeil pendant des millénaires ou si les levures actuelles sont les descendantes de microorganismes ayant colonisé la dépouille dans le passé.
Ces levures pourraient à terme intéresser les industries de fermentation, notamment pour la fabrication de pain ou de bière dans des conditions de basse température. Ces applications restent cependant hypothétiques et nécessiteront de nouvelles recherches. "Ces levures ont accompagné Ötzi tout au long de son long périple à travers les millénaires", a souligné Frank Maixner, coauteur de l'étude et directeur de l'Institut de recherche Eurac sur les momies, dans un communiqué.
L'étude offre également un aperçu rare des différentes communautés microbiennes présentes sur et dans la momie. Mohamed Sarhan a néanmoins rappelé qu'Ötzi ne peut pas être considéré comme représentatif de tous les individus de l'âge du cuivre. Il s'agit plutôt de "l'instantané d'un seul individu".
En plus des levures, les chercheurs ont identifié de nombreuses bactéries et d'autres microorganismes. Certains appartenaient probablement au microbiote intestinal originel d'Ötzi, tandis que d'autres provenaient du glacier ou auraient été introduits accidentellement depuis la découverte de la momie, notamment lors des opérations de manipulation et de conservation du corps.