C'est un sujet récurrent à la fin du printemps : va-t-on subir une sécheresse estivale ? Avec les fortes chaleurs qui ont commencé dès la fin du mois de mai, la crainte s'accentue. La pelouse et les champs ont bien pris un véritable coup de chaud. "Il y a eu un phénomène d'assèchement extrêmement rapide avec la canicule en particulier dans le sud, mais aussi un peu partout même dans l'ouest. La sécheresse en surface va donc aller très vite", surtout que le mois de juin s'annonce déficitaire en précipitations, prévient Régis Crépet, météorologue pour La Chaine météo, auprès de Linternaute.com.

Il faut toutefois bien distinguer sécheresse superficielle et sécheresse en profondeur au niveau des nappes phréatiques, rappelle l'expert. Les nappes phréatiques se sont bien remplies en hiver et la pluie abondante de début mai a fait remonter les réserves après un mois d'avril sec. "Si on a une sécheresse cet été, ce sera une sécheresse superficielle. Les nappes phréatiques vont baisser, ça baisse toujours pendant la saison estivale, mais ce ne sera pas critique. Les barrages ne vont pas s'affaisser, les rivières ne seront pas à sec...", avance-t-il. "Ça ne nous met pas à l'abri d'avoir des sols très secs, des incendies de forêt et des cultures qui peuvent souffrir de cet assèchement de surface", nuance-t-il.

Où en est-on vraiment de l'état des nappes phréatiques ? Info-sécheresse met à jour quotidiennement une carte de France par département avec les données du Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM) et de Hub'eau. Au 9 juin, par exemple, sur 96 départements, 45 ont un niveau en dessous de la moyenne pour leurs nappes phréatiques contre 39 proches ou au-dessus.

Des disparités sont observées : seule la Creuse se situe à un niveau très bas, alors que plusieurs départements sont à des niveaux bas comme la Haute-Loire, la Corrèze, la Haute-Vienne, la Nièvre, la Meuse, la Haute-Marne, les Hautes-Pyrénées et le Doubs. Dans le nord-ouest, les niveaux sont plutôt proches de la normale, sauf en Bretagne où les nappes manquent un peu d'eau par rapport à la moyenne en cette saison. C'est dans le sud-est que les réserves sont les meilleures avec des niveaux proches de la moyenne, voire un peu au-dessus, par rapport au sud-ouest où les niveaux sont modérément bas. Les cours d'eau sont encore bien remplis : seuls ceux de la Creuse et du Lot ont des niveaux modérément bas.

BRGM, qui a sorti son dernier bilan début juin, affirme que "le niveau des nappes reste encore majoritairement satisfaisant" avec 58% des points d'observation avec des niveaux autour ou au-dessus des normales mensuelles. 77% des nappes phréatiques présentent toutefois des niveaux en baisse. C'est tout de même une situation plus "dégradée" que l'an dernier à la même période. Il faudra donc suivre de près l'évolution de ces niveaux dans les prochaines semaines.