Il est tout à fait naturel pour un parent de vouloir protéger son enfant du moindre danger. Pourtant, les spécialistes de l'enfance rappellent régulièrement que le fait de grimper, de courir vite ou de tester ses limites est essentiel pour le développement des plus jeunes. Laisser un enfant apprivoiser le risque de manière autonome lui permet de développer sa créativité, sa confiance en lui et sa capacité à prendre des décisions

Face à un enfant qui s'aventure un peu trop haut sur une structure de jeux, la première réaction des adultes est souvent de crier de faire attention ou d'intervenir pour stopper l'activité. Pour aider les parents à surmonter cette inquiétude, le docteur Mariana Brussoni, professeure à l'Université de la Colombie-Britannique, a identifié une méthode. 

Selon ses recherches récentes, un comportement parental est particulièrement recommandé : si vous remarquez une petite chute, une glissade rapide ou l'escalade d'un arbre, surtout n'intervenez pas. En effet, dans les cas de "petits risques maitrisables" durant un jeu en équilibre, en hauteur ou de vitesse, il ne faudrait rien faire et compter jusqu'à 17 secondes avant d'intervenir. Ce temps renvoie à la durée qu'il faut à un enfant "pour passer d'une réaction de peur à une réaction plus réfléchie", partage aussi France Info. Bien entendu, les chercheurs ne conseillent pas cette méthode si votre enfant est réellement blessé ou en larmes.

Une autre étude menée par un collectif de chercheurs canadiens et norvégiens suggère que les enfants qui prennent "des risques en jouant" prendraient des décisions rapides et judicieuses. En analysant le comportement individuel de plusieurs enfants se servant d'un casque de réalité virtuelle pour simuler plusieurs situations, les universitaires ont remarqué que les enfants qui jouaient "à des jeux à risques" susceptibles de leur faire mal agissaient mieux et plus efficacement.

Les résultats ont pris à revers l'idée reçue selon laquelle un enfant casse-cou agit de façon inconsciente. Les scientifiques ont constaté que les enfants les plus audacieux sur le terrain de jeu virtuel prenaient des décisions beaucoup plus rapides, efficaces et sécurisées au moment de traverser la rue face au trafic. Même s'ils tombaient plus souvent durant les jeux, ces petits échecs contrôlés leur apportaient des informations indispensables pour aiguiser leur perception des dangers réels, faisant d'eux des piétons plus alertes et plus prudents.

Anthony D. Pellegrini, psychologue de l'éducation à l'Université du Minnesota, résume les choses ainsi dans d'autres travaux complémentaires : "Les jeux ont des règles prédéfinies, établies à l'avance et suivies. Le jeu libre, en revanche, n'a pas de règles prédéfinies, ce qui permet des réponses plus créatives". Cette souplesse stimule les zones cérébrales liées à la créativité et à l'intelligence sociale, des outils précieux qui leur serviront tout au long de leur future vie d'adulte.