Avant d'entrer à l'école, les enfants ont besoin d'être stimulés et de s'amuser. Pour y parvenir, les parents n'ont pas forcément besoin de les inscrire à de multiples activités pour les tout-petits. Il en existe une très simple dont les bienfaits sont largement prouvés. Dans une récente étude, publiée dans Journal of Child Psychology and Psychiatry, les chercheurs de l'université d'Exeter se sont penchés sur la fréquence à laquelle les enfants allaient jouer dehors.

Ils ont interrogé les parents de 4151 enfants, âgés de 2 à 4 ans à ce moment-là, qui ont dû indiquer combien de jours leur enfant avait joué dehors sur une semaine. Les chercheurs ont ensuite évalué les troubles des mêmes enfants quand ils ont eu entre 4 et 8 ans, que ce soit des comportements extériorisés comme l'agressivité ou l'impulsivité, mais aussi des manifestations plus intériorisées comme l'anxiété.

L'étude a révélé que les enfants qui jouaient plus souvent en plein air, soit une activité assez simple, avaient plus de chances de se sentir bien jusqu'à l'âge de huit ans. Les scientifiques ont même détaillé que chaque jour supplémentaire par semaine passé à s'amuser en extérieur pendant les années préscolaires augmenterait de 6 à 14% les chances que l'enfant soit moins susceptible de développer des difficultés émotionnelles et comportementales plus tard dans son enfance. Cela peut être lié à plusieurs facteurs : l'activité physique, le contact avec la nature, les interactions sociales, l'exposition au risque et à l'incertitude, la gestion des émotions...

"Nos résultats suggèrent qu'offrir aux jeunes enfants davantage d'occasions de jouer en plein air pourrait constituer un moyen simple et peu coûteux de favoriser une meilleure santé mentale", a expliqué Helen Dodd, auteure principale de l'étude, dans un communiqué. Ce lien apparait donc comme solide, même si l'étude ne permet pas d'affirmer formellement une causalité au vu de l'échantillon étudié.

Elle peut cependant pousser à repenser les politiques, notamment d'aménagement du territoire : "Cela implique notamment de financer adéquatement la création et l'entretien des aires de jeux, ainsi que la protection des différents espaces fréquentés par les enfants et les familles, tels que les espaces informels à proximité du domicile, les parcs et autres espaces verts. Ces espaces publics sont particulièrement importants pour les personnes ne disposant pas de jardin", ajoute l'experte.

Un autre problème est qu'aujourd'hui les enfants passent bien moins de temps dehors que le faisaient leurs parents à leur époque. Selon Traci S. Williams, docteur en psychologie, auprès de Parents.com, les enfants souffrent aujourd'hui d'un "déficit de jeu en plein air". Elle suggère, pour sa part, de passer au moins 30 minutes par jour dehors, et pour y parvenir, il faut l'intégrer à la routine quotidienne. Une sortie peut consister en une promenade dans le quartier, aller dans une aire de jeux, s'installer pour un pique-nique, faire un tour en forêt...