L'histoire prête à sourire, mais elle s'est réglée devant les tribunaux fédéraux américains. En septembre 2025, un habitant de Washington D.C. nommé Sam O'Hara décide de protester pacifiquement contre la présence massive de la Garde nationale dans les rues de la capitale américaine. Armé de son téléphone portable relié à un haut-parleur, cet homme travaillant dans l'hôtellerie se met à suivre une patrouille de soldats en diffusant la célèbre Marche Impériale de Star Wars, le thème musical associé au personnage de Dark Vador.
Ce happening ironique, destiné à dénoncer la militarisation de sa ville, rencontre un succès immédiat sur les réseaux sociaux, cumulant des millions de vues sur TikTok. Cependant, les forces de l'ordre n'apprécient pas la plaisanterie. L'un des militaires appelle la police locale en renfort. Des agents interviennent, menottent le manifestant et le détiennent pendant une vingtaine de minutes avant de le relâcher sans retenir aucune charge contre lui.
Estimant ses droits bafoués, Sam O'Hara dépose plainte en octobre 2025 contre la ville et quatre policiers, soutenu par l'Union américaine pour les libertés civiles (ACLU). Sa défense repose sur le premier amendement (qui garantit la liberté d'expression) et le quatrième amendement (qui interdit les arrestations arbitraires). Ses avocats rappellent avec ironie que si la loi pouvait tolérer ce comportement dans une galaxie lointaine, la Constitution interdit de faire taire une opposition pacifique.
Rappelons qu'à l'époque des faits, Donald Trump avait décrété l'état d'urgence sécuritaire dans la capitale, entraînant le déploiement de centaines de soldats fédéraux pour patrouiller dans la ville, provoquant de vives tensions avec les résidents locaux.
Après des mois de procédure, l'affaire vient de connaître son dénouement il y a quelques jours, comme l'explique NBC News. Le juge a validé un accord à l'amiable. Le district de Washington a accepté de verser une compensation financière à Sam O'Hara en échange de l'abandon des poursuites contre la municipalité et ses policiers.
Bien que le montant soit confidentiel, l'ACLU évoque une somme "significative" dont le plaignant est "pleinement satisfait". Sam O'Hara s'est réjoui de cette issue, affirment que les tentatives des autorités pour le faire taire s'étaient retournées contre elles en braquant les projecteurs sur la présence injustifiée de l'armée. La bataille juridique n'est pas totalement close puisque le militaire à l'origine de l'interpellation reste visé individuellement par la procédure, mais ses avocats réclament l'abandon des charges au nom du devoir officiel.