Si certaines maisons sont devenues des bouilloires pendant la canicule, elles ne sont pas les seules à en croire les députés. Les locaux de l'Assemblée nationale ont également souffert de températures extrêmes de la fin du mois de juin, jusque dans l'hémicycle. Le lieu où se tiennent les débats a pourtant été climatisé au détriment d'autres ailes du Palais Bourbon.

La ville de Paris n'a pas été épargnée par la chaleur caniculaire et a même atteint des températures records durant le pic de la canicule avec 40°C affichés sur le thermomètre. Le journée du vendredi 26 juin n'a pas été la plus chaude, mais a été marquée par des températures montant jusqu'à 38°C. Et ce jour-là, alors que les députés débattaient de la proposition de loi sur l'aide à mourir, l'Assemblée a été affectée par un "problème d'alimentation en eau glacée" comme expliqué par la présidente de la chambre basse du Parlement, Yaël Braun-Pivet, au moment des débats : "Toute la climatisation a été coupée sur tous les bâtiments de l'Assemblée nationale" pour concentrer "le peu qu'il nous reste sur la climatisation de l'hémicycle", ajoutait-elle face aux députés tous, ou presque, munis d'un éventail.

Une mesure drastique, qui n'a cependant pas empêché la température de monter d'encore quelques degrés, et qui n'a pas plu aux élus écologistes. Cyrielle Chatelain, présidente du groupe écologiste à l'Assemblée et deux de ses collègues, Sabrina Sebaihi et Sébastien Peytavie, ont déploré un "choix inéquitable" dans une lettre envoyée à Yaël Braunt-Pivet, le vendredi 26 juin.

La décision de couper la climatisation partout sauf dans l'hémicycle est décrite par les élus comme une mesure qui "sacrifie les conditions de travail de centaines de salariés et de fonctionnaires au bénéfice du seul confort de la salle de séance", rapporte LCP. Cyrielle Chatelain dénonce un "traitement à deux vitesses, où l'on délibère au frais pendant que les équipes et le personnel étouffent". La députée écologiste de la 2ème circonscription de l'Isère a étayé son propos assurant que pendant que l'hémicycle était climatisé, "des bureaux très vitrés ont dépassé 34 degrés" dans l'après-midi de vendredi. Selon elle, "seul le bâtiment Olympe de Gouges dispos[ait] d'un espace rafraîchi accessible".

Alors que le mois de juillet s'annonce également très chaud, et pourrait connaître une nouvelle canicule, Cyrielle Chatelain a appelé la présidente de l'Assemblée nationale à prendre certaines mesures dans ces situations, notamment le fait d'"augmenter la température de l'hémicycle pour dégager la capacité d'alimentation en froid des bâtiments de travail" et de "garantir au minimum un espace rafraîchi par bâtiment". Surtout, l'élue écologiste a évoqué la possibilité de suspendre les travaux parlementaires en période de canicule : "Dans un cas exceptionnel comme celui-ci, il faudrait arrêter les travaux pour permettre aux salariés de rentrer chez eux", écrivent les députés écologistes dans leur courrier. Ajoutant : "Il ne s'agit pas de confort : il s'agit de santé, de sécurité".