Le secteur des énergies renouvelables est en pleine ébullition, et l'innovation vient cette fois de France. Une jeune start-up azuréenne, Wind to Watt, fait parler d'elle grâce à une invention audacieuse : une éolienne domestique en kit . Bien loin des structures industrielles géantes qui trônent dans nos campagnes, ce dispositif d'un nouveau genre promet de démocratiser la production d'électricité propre pour les particuliers, sans les contraintes administratives et techniques habituelles.
Derrière ce projet étonnant se cache un profil singulier. Fabien Brun, un Niçois de 48 ans, est un ancien tireur d'élite de l'armée de terre, décoré pour ses états de service lors d'une mission en Afghanistan. En pleine reconversion professionnelle, cet entrepreneur changé de vie sur un coup de tête. L'idée lui a traversé l'esprit de manière très concrète alors qu'il circulait sur la célèbre promenade des Anglais à Nice, un jour de tempête : " Il y avait énormément de vent, des branches de palmiers étaient tombées sur la chaussée et je slalomais pour ne pas rouler dessus. Je me suis dit que ce n'était pas possible d'avoir ce cadeau naturel, cette énergie folle, sans l'exploiter plus que ça", a-t-il raconté à Actus.fr.
C'est dans son propre jardin, à Tourrette-Levens dans les Alpes-Maritimes, qu'il a conçu et assemblé le tout premier prototype de sa turbine. L'appareil rompt radicalement avec les codes de l'éolien traditionnel. Exit les mâts de 20 mètres de haut, les pales rigides visibles à des kilomètres, les fondations en béton et les grues de chantier. La solution de Wind to Watt repose sur un aéromoteur léger, démontable et entièrement modulaire.
La turbine s'appuie sur une structure tubulaire en aluminium habillée de toiles tendues. Cet assemblage ultra-léger présente plusieurs caractéristiques majeures. D'abord, la logistique est simplifiée puisque l'appareil se transporte facilement sans aucun engin lourd et est expédié directement au domicile de l'acheteur. "Je l'envoie en kit, comme un meuble Ikea. Chacun est capable de l'installer, comme un jeu de Lego finalement", résume Fabien Brun à Actu.fr, qui précise que l'article se "monte en moins de 3h". La capture des vents bas est présentée comme "optimale". Grâce à sa proximité avec le sol et sa structure textile, l'éolienne est capable de capter les vents de surface, souvent plus faibles et plus irréguliers que ceux des hauteurs, inexploitables par les installations classiques.
Sur le papier, l'appareil affiche des promesses techniques modulables, avec une puissance annoncée capable de s'échelonner de 300 watts à 10 kilowatts (kW) selon la configuration et les besoins du foyer. Pour l'instant, le projet est en phase de transition entre le prototype et la production industrielle. Pour accélérer son développement, la start-up Wind to Watt a récemment lancé une campagne de financement participatif. Les fonds récoltés doivent permettre de structurer un laboratoire d'essais officiel et de déployer les premiers modèles pilotes chez des clients tests, avant une commercialisation à plus grande échelle. Il vise d'ailleurs un
prix de lancement de 1000 euros pour une petite, 5000 euros pour une moyenne et 10 000 euros pour une grande éolienne.