Le Maroc a initié une transition notable pour lutter durablement contre les phénomènes de sécheresse. Face à un défi hydrique sans précédent et à un manque d'eau sévère dans plusieurs de ses régions, le pays a choisi de réagir. Si les pluies ont pu soulager temporairement certains barrages septentrionaux en début d'année, les régions intérieures et méridionales souffrent d'une pénurie critique. Cette situation a poussé le royaume à modifier sa stratégie en refusant d'attendre des précipitations de plus en plus incertaines. Environ 51 % des ressources en eau de surface sont produites au niveau de bassins hydrauliques qui ne couvrent que 7% de la superficie du pays, explique Rachid Madah, directeur des aménagements hydrauliques au sein du ministère de l'Équipement et de l'Eau, dans L'Opinion.fr.
C'est à l'été 2022 que la situation est devenue particulièrement urgente. Pour y remédier, le pays a activé un plan d'urgence national massivement axé sur le dessalement de l'eau de mer, explique de son côté CNN. Le roi Mohammed VI a personnellement donné la consigne d'accélérer le Programme national d'approvisionnement en eau potable et d'irrigation. Alors que les rapports scientifiques alertaient depuis longtemps sur une baisse des ressources disponibles sous le seuil critique des 500 mètres cubes par habitant et par an, les premiers chantiers d'envergure ont rapidement vu le jour.
Parmi les projets phares de cette politique figure la construction d'une autoroute de l'eau, une infrastructure colossale destinée à transférer la ressource depuis les bassins excédentaires du nord vers les zones urbaines de Rabat et de Casablanca. En parallèle, la création de plusieurs nouveaux barrages, relancée début 2026, vient renforcer le parc hydraulique historique du pays, souligne L'Opinion.
Le Maroc compte désormais 17 usines de dessalement opérationnelles, avec une capacité de production annuelle s'élevant à plusieurs centaines de millions de mètres cubes. Selon Nizar Baraka, le ministre de l'Équipement et de l'Eau, ces infrastructures permettent de sécuriser l'approvisionnement en eau potable des grandes villes ainsi que des zones agricoles clés, notamment autour de Casablanca et dans le sud du pays. Cette nouvelle feuille de route va encore plus loin pour répondre aux besoins urgents des provinces du Sud, parfois soumises à des coupures de distribution. Des dizaines de stations de dessalement monocoques, mobiles et portables, ont été déployées le long du littoral.
Le ministre Nizar Baraka a mis en avant ce développement qui assure une véritable décentralisation de la gestion de l'eau, rapporte le média Atalayar. Ces unités mobiles constituent une solution agile et flexible qui permet aux autorités de réagir rapidement là où les nappes phréatiques traditionnelles sont complètement épuisées. Pour rendre ce modèle viable et écologique, le gouvernement a directement raccordé ces usines de conversion à des parcs de panneaux solaires photovoltaïques. En capitalisant sur l'ensoleillement exceptionnel du sud marocain, le royaume parvient à réduire drastiquement le coût énergétique du traitement de l'eau de mer.