Marine Le Pen pourra-t-elle se présenter à l'élection présidentielle de 2027 ? Le suspense reste entier, à quelques encablures du verdict du procès en appel dans l'affaire des assistants parlementaires du Front national (FN) qui doit être rendu mardi 7 juillet 2026. À cette date, la présidente du groupe Rassemblement national (RN) à l'Assemblée nationale sera fixée.
À l'orée de cette journée décisive pour la principale intéressée et plus largement l'extrême droite française, ce n'est pas vraiment l'optimisme qui caractérise l'état d'esprit de ses troupes, bien au contraire. "Marine, c'est un jour sur deux : un jour ça va, un jour elle dit que c'est foutu", raconte l'un de ses proches. "Ma conviction, c'est qu'elle va être lourdement condamnée, je ne vois pas comment ça peut être amoindri", lâche un second dans les colonnes de RTL.
Force est de constater que le fatalisme est de mise dans les rangs du RN. "On lui a dit : ne te fais pas trop d'illusions", révèle un troisième membre de la garde rapprochée de Marine Le Pen. Plus inquiétant pour le parti à la flamme, certains de ses membres semblent céder à la panique à l'idée d'une condamnation de la députée de la onzième circonscription du Pas-de-Calais.
"Mais qu'est-ce qu'on va devenir ?", s'inquiète un député du Rassemblement national. Preuve que le parti n'attend pas forcément le verdict du 7 juillet prochain avec autant de "confiance" que l'a laissé entendre le parlementaire RN Sébastien Chenu, dimanche 28 juin, dans le Grand Jury de RTL. "Marine Le Pen, elle est résiliente (...) Je crois qu'elle a fait la preuve qu'elle n'avait pas cherché à commettre de délits", avait-il déclaré.
Le 4 juillet, Marine Le Pen est attendue à Liévin (Pas-de-Calais) pour la fête champêtre de la commune à partir de 18 heures, un événement réservé aux adhérents du Rassemblement national pendant lequel elle devrait tenter de capter un maximum d'énergie pour faire face une nouvelle fois à la justice. Marine Le Pen sera accompagnée de Jordan Bardella pour "un moment de convivialité, d'échanges et d'espérance", écrit le parti sur Facebook.
Aujourd'hui, Marine Le Pen est empêchée de se présenter à la prochaine présidentielle en raison de la peine prononcée à son encontre lors du procès en première instance le 31 mars 2025 : cinq ans d'inéligibilité avec exécution provisoire et quatre ans de prison dont deux ferme. En appel, les jugent peuvent décider de suivre les réquisitions du ministère public fixées à cinq ans d'inéligibilité sans exécution provisoire et quatre ans de prison dont un an ferme. Ou bien décider d'une condamnation plus clémente, voire d'une relaxe, ce qui lui permettrait de candidater à l'élection suprême.