Un inventeur autrichien a peut-être trouvé la solution pour protéger le bétail contre les attaques de loups, un sujet qui divise profondément les éleveurs et les défenseurs de la nature dans les alpages européens. Rudolf Schaubach, un habitant de Carinthie âgé de 72 ans, a conçu une véritable armure légère pour ses bêtes afin de les prémunir des assauts des prédateurs.
Ce dispositif insolite se présente sous la forme d'un grillage souple d'environ 1,5 mètre sur 1,5 mètre, pesant entre 2 et 3 kilogrammes. Cette cotte de mailles moderne est équipée de pointes métalliques, elles-mêmes recouvertes de petits tubes en caoutchouc. Ce système astucieux permet d'éviter que les moutons ou les humains ne se blessent accidentellement, tout en restant redoutable si un loup venait à mordre l'animal, rapporte le site Ecoinventos.
"Sur les pentes autour de Villach, dans le Land autrichien de Carinthie, les moutons caractérisent le paysage depuis des siècles. Mais l'agriculture de montagne est sous pression : en Autriche, la population de loups augmente et, avec elle, le nombre d'attaques contre les animaux au pâturage", explique Rudolf Schaubach. L'inventeur a consacré trois ans au développement de son projet, avant de mener un essai grandeur nature dans la vallée de Gail en mai 2026. Lors de cette phase de test, trois moutons ont été équipés de cette armure métallique. Selon l'inventeur, qui a depuis déposé un brevet auprès de l'Office européen des brevets, le comportement des bêtes est resté parfaitement normal. Elles ont continué à se déplacer et à se nourrir sans gêne apparente. Pour lui, cette innovation est essentielle afin de permettre une cohabitation pacifique entre l'élevage de montagne et les prédateurs sauvages.
Si l'idée suscite l'intérêt de plusieurs éleveurs confrontés au même problème à travers l'Europe, elle ne fait pas l'unanimité. Des associations de protection animale, à l'image de Tierschutz Austria, ainsi que plusieurs vétérinaires ont exprimé de vives inquiétudes quant au bien-être des moutons. Ils craignent notamment que le port prolongé de cette structure métallique ne provoque des irritations dues aux frottements ou n'entrave la régulation thermique des bêtes en été. Les spécialistes de la santé animale réclament des essais cliniques beaucoup plus longs avant toute commercialisation.
En attendant de savoir si cette armure en cotte de mailles sera adoptée à grande échelle, les autorités publiques continuent de subventionner des méthodes de protection plus conventionnelles. Parmi elles figurent l'achat de chiens de protection, l'installation de clôtures électriques renforcées ou encore l'utilisation de technologies de surveillance moderne comme les caméras thermiques et les drones de détection.