Avec la canicule qui a touché la France fin juin, la sécheresse de surface s'est amplifiée. Elle est déjà précoce dans de nombreuses régions. Cela ne va pas aller en s'arrangeant : un blocage anticyclonique va se mettre en place dans les prochains jours et va repousser les perturbations vers le nord de l'Europe. Une masse d'air très chaude va en même temps remonter sur l'Hexagone. Une vague de chaleur est attendue : elle pourrait virer à la canicule par endroits. En plus de la sécheresse, la situation devient compliquée pour les débits des fleuves. Dans un communiqué publié ce 3 juillet, Seine Grands Lacs a expliqué avoir engagé dès début juin le déstockage des lacs-réservoirs, soit un mois plus tôt qu'à l'accoutumée, et avoir accéléré les apports en ce début juillet. Ils servent à soutenir les débits de la Seine, de la Marne, de l'Aube et de l'Yonne. C'est ce qui permet notamment de maintenir l'alimentation en eau potable.
Dans une telle configuration, les Français sont appelés à limiter leur consommation d'eau à leur domicile et à respecter les restrictions établies par département. Elles sont déjà nombreuses : la quasi totalité des départements ont franchi au moins le seuil de vigilance, selon le site gouvernemental Vigieau. Il permet de connaitre les restrictions d'eau dans n'importe quelle localisation en tapant son adresse. Au 3 juillet, selon la plateforme, 21 départements sont en vigilance, 21 en alerte, 20 en alerte renforcée et 34 en crise. Ces derniers sont : l'Allier, l'Ariège, l'Aude, l'Aveyron, le Cantal, la Charente, la Charente-Maritime, le Cher, la Corrèze, la Creuse, la Dordogne, l'Eure-et-Loir, la Haute-Garonne, le Gers, l'Indre, l'Indre-et-Loir, la Loire-Atlantique, le Loiret, le Lot, le Lot-et-Garonne, la Maine-et-Loire, la Nièvre, le Puy-de-Dôme, les Pyrénées-Atlantiques, les Hautes-Pyrénées, les Pyrénées-Orientales, la Saône-et-Loire, la Sarthe, le Tarn, le Tarn-et-Garonne, la Vendée, la Vienne, la Haute-Vienne et l'Yonne.
Chaque niveau équivaut à des restrictions différentes : elles commencent au niveau d'alerte, en vigilance ce ne sont que des recommandations comme prendre des douches plutôt que des bains, optimiser le nombre de machines à laver, ne pas arroser en milieu de journée... Au niveau supérieur, il est interdit d'arroser les jardins, de remplir les piscines, d'arroser son potager ou encore de laver les voitures à certaines heures. En alerte renforcée, les plages horaires d'interdictions sont étendues et peuvent concerner toute la journée. En situation de crise, seuls les prélèvements d'eau pour les usages prioritaires sont autorisés. "Interdiction des prélèvements en eau pour l'agriculture (totalement ou partiellement), pour de nombreux usages domestiques et pour les espaces publics", est-il précisé.
Il n'y aurait toutefois pas de problèmes d'approvisionnement d'eau potable à l'horizon pour le moment : les nappes phréatiques, soit l'eau souterraine, sont, certes en baisse, mais encore bien remplies. Une telle situation était survenue en juillet 2022. Avec une sécheresse historique, plus d'une centaine de communes ont vu leurs canalisations se vider et avaient dû faire appel à des camions-citernes. A ce jour, il est surtout craint que les restrictions maximales s'étendent à d'autres départements et durent une bonne partie de l'été.