Début des vacances d'été, mois le plus chaud de l'année... Juillet est indéniablement associé au soleil et aux chaleurs estivales. Jamais sa réputation ne lui avait autant collé à la peau qu'en 2026 avec la canicule qui a touché la France - la troisième de l'année - du 5 au 15 juillet. Mais si juillet était jusqu'à peu synonyme de beau temps sans difficultés liées à des phénomènes météo trop extrêmes, cette époque semble révolue.
Les quinze premiers jours de juillet ont effectivement été marqués par des chaleurs caniculaires, mais pas seulement. Une importante sécheresse et des feux de forêts nombreux et étendus ont affecté les régions françaises, avec plus de 32 000 hectares partis en fumée à date du 13 juillet 2026 selon les chiffres relayés par le gouvernement. Des constats qui remettent largement en question le vieux dicton des agriculteurs et des jardiniers selon lequel "jamais, en juillet, sécheresse n'a causé la moindre détresse".
Jamais la France n'a connu un temps aussi chaud et sec si tôt dans l'été. Après trois canicules successives en mai, juin et juillet, le pays a atteint un niveau de sécheresse historiquement bas avec un indice d'humidité des sols record, plus bas encore que celui relevé lors de la grande sécheresse de 1976. Ce triste record a été atteint le 9 juillet rapporte Météo-France. Une situation rendue possible par plusieurs facteurs indique La Chaîne Météo : des températures supérieures aux normales de saison de 4,1°C, un ensoleillement plus important de 22 % et, surtout, un déficit pluviométrique colossal avec 60 % de pluies en moins entre le 1er juin et le 12 juillet.
Le début de l'été 2026 a été très faiblement arrosé à l'exception de quelques orages de chaleur ayant parfois donné plus de tonnerre et d'éclairs que de pluie. "Les périodes durablement sèches ont été à peine interrompues par quelques orages, souvent trop localisés pour humidifier les sols en profondeur", confirme La Chaîne Météo. En conséquence, "la sécheresse de surface s'était brutalement aggravée sur de nombreuses régions" dès la fin du mois de juin pour atteindre un niveau critique en juillet. A date du 15 juillet, au moins 64 % des nappes phréatiques affichent des niveaux modérément bas à très bas selon les données du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) et de l'Hubeau compilées par Info-sécheresse. Aucune région n'est épargnée.
Cette sécheresse, marquée et précoce, est d'autant plus importante qu'après un automne, un hiver et un début de printemps pluvieux, la France entamait la période estivale avec des nappes phréatiques remplies à ras bord ou presque. Il a pourtant suffi de quelques semaines pour voir ces réserves d'eau diminuer drastiquement. Une situation qui génère des tensions sur les différents usages de l'eau et peut entraîner des restrictions dans les secteurs les plus touchés.
Et la situation risque de se compliquer au fil de l'été. Aucune amélioration significative n'est prévue dans les prochains jours, malgré quelques orages attendus à l'issue de la canicule de juillet. Les tendances météorologiques sont plutôt favorables à la poursuite d'un temps sec et chaud et un déficit de précipitations jusqu'à la mi-août rapporte le météorologue Guillaume Woznica. Ce n'est qu'à l'approche de la rentrée que la météo troquerait la chaleur pour davantage d'humidité et de pluie. Un scénario qui reste à confirmer, rappelle le spécialiste. D'ici là, il est probable que cette année, la sécheresse de juillet cause quelques détresses.