Des gants, une pince et un seau hermétique avec un couvercle perforé. C'est tout ce dont a besoin ce collégien de 14 ans pour accomplir la mission qu'il s'est donnée. Il lui faut aussi du courage et une bonne dose d'assurance, car l'activité, en plus d'être impressionnante, n'est pas sans risque. Vilho Zeller est une sorte de chasseur de serpents.
L'adolescent est le genre de personne à laquelle on fait appel lorsqu'on souhaite se débarrasser d'un serpent s'étant réfugié dans un jardin, une maison ou encore un chantier. Mais attention, Vilho ne vient pas tuer le reptile. Il capture l'animal pour le conduire dans un endroit où il sait qu'il sera plus en sécurité : un sanctuaire "rocailleux, boisé et chaud, loin de toute présence humaine", explique le jeune homme au média Iltalheti. Le collégien intervient surtout sur des vipères, l'un des serpents les plus répandus dans la région finlandaise de Sipoo où il habite. Ces animaux, protégés par la loi, ne peuvent pas être tués ni capturés, à moins de représenter un risque immédiat pour des enfants ou des animaux de compagnie, en Finlande comme en France.
Vilho a commencé à attraper et à sauver des vipères l'année dernière et ses interventions, récompensées par une petite rémunération, ont tendance à se multiplier, surtout entre mai et novembre, période durant laquelle les vipères sortent entre deux hibernations. Depuis le printemps 2026, il a déjà capturé une vingtaine de serpents en se déplaçant à bord de sa mobylette électrique. Des dizaines d'interventions qui se sont déroulées sans accroc, à une exception près : la seule fois où Vilho s'est fait mordre par une vipère. Son doigt a enflé pendant trois jours avant de revenir à la normale. "C'était une sensation assez particulière. On aurait dit que des orties brûlaient", se rappelle le jeune homme auprès d'Iltalehti.
Le risque de morsures, lesquelles peuvent s'accompagner d'une injection de venin, n'inquiète pas l'adolescent. Les vipères ont plutôt tendance à fuir, à siffler ou à simuler une attaque avant de mordre, rapporte la WWF. Et même en cas de morsures, celles-ci sont rarement mortelles. Elles sont même rarement venimeuses puisque les serpents "ne veulent pas gaspiller [le venin dont ils] ont besoin pour chasser lorsqu'ils ont faim", explique l'adolescent. Reste que la vigilance est de mise et qu'il faut toujours consulter un médecin après une morsure de vipère.
Si les vipères n'impressionnent pas l'adolescent, c'est parce que ce dernier s'est passionné très jeune pour les animaux, et surtout les reptiles. Il a acquis des connaissances à force de lire et de partir en excursion avec des spécialistes des vipères. Ses rencontres avec des serpents plus gros, dont un cobra angolais en Namibie qui était attrapé pour être conduit hors d'un jardin, ont également aidé. Vilho sait que "la vipère a plus peur des humains que les humains d'elle". Il rappelle d'ailleurs que "les pires ennemis de la vipère sont les humains, le changement climatique, la construction et la circulation", soit les hommes et les conséquences des activités humaines.