Le Soleil est surveillé en permanence par les scientifiques. Autour du 20 juillet dernier, les images de l'astre ont révélé une imposante région sombre et sinueuse, dont la forme pouvait faire penser à un canyon. Il s'agissait en réalité d'un "trou coronal". Ces structures peuvent être immenses : certaines s'étendent sur une partie importante du disque solaire et atteignent plusieurs dizaines de fois la taille de la Terre.

Un trou coronal est une région temporaire de la couronne solaire dans laquelle le plasma est moins dense et généralement moins chaud que dans les zones voisines. Il émet donc moins de rayonnement ultraviolet et apparaît plus sombre sur les images prises dans certaines longueurs d'onde. Malgré son apparence, il ne s'agit ni d'un véritable trou ni d'une fissure à la surface du Soleil.

Dans la majeure partie de la couronne solaire, les lignes du champ magnétique forment des boucles qui reviennent vers le Soleil et retiennent une partie du plasma. Au niveau d'un trou coronal, certaines de ces lignes sont dites "ouvertes" : elles se prolongent dans l'espace et permettent à des particules chargées de s'échapper plus facilement. Elles alimentent ainsi des flux de vent solaire particulièrement rapides.

Lorsque la rotation du Soleil place un trou coronal face à la Terre, le vent solaire qui s'en échappe peut atteindre notre planète quelques jours plus tard. En interagissant avec la magnétosphère terrestre, il est susceptible d'intensifier l'activité géomagnétique. Cela peut entraîner de légères fluctuations sur certains réseaux électriques ainsi que des ajustements mineurs dans le fonctionnement des satellites. Ces événements peuvent également favoriser l'apparition d'aurores boréales.

Une tempête géomagnétique mineure a effectivement été enregistrée le 23 juillet. La NOAA, l'agence américaine chargée notamment de la météo spatiale, a signalé que l'indice Kp, qui mesure les perturbations du champ magnétique de la Terre, avait atteint le niveau 5, correspondant à une tempête de catégorie G1, la plus faible de son échelle.

Ce seuil a été atteint une première fois à 18 h 21, heure française, puis de nouveau à 22 h 07. L'épisode est resté limité et ne représentait aucun danger pour la population. Les conditions pouvaient tout de même favoriser l'observation d'aurores boréales en Alaska, dans le nord du Canada et jusque dans certaines régions septentrionales des États-Unis. La tempête était toutefois beaucoup trop faible pour que des aurores boréales soient aperçues en France.