La Russie a-t-elle déplacé les unités de défense aérienne de plusieurs de ses sites stratégiques auparavant protégés par les systèmes S-300 et S-400 ? C'est exactement ce que pense la radio finlandaise Vapaa. Sur la base de données publiques, environ 60% de ces système de défense antiaérienne et antimissile mobile ne se trouvent plus sur leur position d'avant-guerre, indique le site lituanien Lrytas.

Des images satellites datant du 6 juillet 2026 montrent qu'une grande partie des missiles sol-air a été retirée des positions de défense aérienne près de la base de Rogatchevo, dans l'archipel de Nouvelle-Zemble - archipel russe des mers de Kara et de Barents - où ils étaient déployés "depuis au moins 2015", apprend-on. En mer Blanche, où la Russie construit et répare des sous-marins nucléaires, des modifications similaires ont été observées.

Au total, environ vingt systèmes S-300 et S-400 ont disparu des positions qui protégeaient l'installation stratégique de Rogatchevo depuis des décennies. Selon Katarzyna Zysk, professeure à l'Institut norvégien d'études de défense, les capacités actuelles de défense aérienne du Kremlin dans le nord de la Russie mettent en lumière "un décalage croissant entre les cibles que la Russie doit protéger et [la position] les lanceurs, intercepteurs et personnels qualifiés dont elle dispose".

Toutefois, cela ne signifie pas que toutes les installations stratégiques dans le Grand Nord de la Russie sont aujourd'hui sans aucune protection, tempère l'experte, toujours dans les colonnes de Lrytas. Ces récentes observations pourraient même s'expliquer assez simplement : le Kremlin n'anticiperait "pas d'attaque d'envergure dans la région à court terme" et estime pouvoir réduire la voilure en termes de défense "sans prendre de risques inacceptables", conclut-elle.

À l'inverse, certaines zones frappées par des drones ukrainiens sont, elles, renforcées. D'autres images satellites montrent par exemple le déploiement d'un "grand nombre de lanceurs près de la raffinerie de pétrole de Saratov", où il n'y en avait aucun auparavant, précise le média lituanien. À Moscou, des batteries de systèmes S-400 ont également été déployées dans plusieurs parcs de la capitale. Preuve de la volonté du Kremlin de se défendre sur tous les fronts malgré des économies dans le Grand Nord.