Depuis des mois, le phénomène El Nino est surveillé de près. Cette variation naturelle du climat correspond à un réchauffement des eaux du Pacifique et à une modification de la circulation atmosphérique tropicale pouvant entrainer des événements extrêmes à travers le monde. Il se produit tous les 2 à 7 ans, le dernier date de 2023/2024. S'il n'en est qu'à ses débuts, le phénomène a un fort potentiel d'intensification. Il est en train de se développer avec le risque de monter jusqu'à un niveau jamais atteint d'anomalie de températures de surface de la mer, selon certains modèles de prévisions. Les températures seraient déjà dans le Pacifique central supérieures de 2,1 degrés à la moyenne. A partir de +2 degrés, c'est un "super El Nino".
S'il dépasse une anomalie de températures de l'eau de +3 degrés, il pourrait être qualifié de El Nino "Godzilla". Selon certaines modélisations, elle pourrait culminer à +3,6 degrés, dépassant le record de +2,75 de 2015. "Quel que soit le mode de calcul retenu, les prévisions sont unanimes : il est fort probable que ce soit l'épisode El Niño le plus intense jamais observé", a prévenu le climatologue Zeke Hausfather sur The Climate brink. "La médiane maximale est passée d'environ 2,8 degrés lors des simulations de mars à 3,6 degrés en juillet", a-t-il ajouté. Selon l'institut de recherche Berkeley Earth en Californie, il pourrait bien devenir le plus intense enregistré en 150 ans.
"Cette appellation "El Niño Godzilla" a été inventée pour la première fois en 2015 par Bill Patzert, climatologue à la NASA. Elle ne correspond toutefois à aucune catégorie scientifique officielle : les organismes internationaux parlent simplement d'épisode faible, modéré, fort ou très fort", nuance La Chaine météo.
Si El Nino peut modifier les régimes de températures et de précipitations sur Terre, en France, son impact est difficilement prévisible : il dépend de la circulation sur l'Atlantique Nord. Il n'a donc pas de lien avec les canicules actuelles : "Ses effets éventuels seront davantage surveillés à partir de l'automne et durant l'hiver, sans qu'il soit possible, à ce stade, d'en déduire précisément le temps qu'il fera en France. Statistiquement, on observe cependant davantage d'hivers doux et pluvieux en France lors des années El Niño", précise La Chaine météo. L'Organisation météorologique mondiale (OMM) évalue à plus de 90% les probabilités que cet épisode se maintienne au moins jusqu'en novembre avec un épisode "au moins modéré, voire fort". Les services américains, NOAA, estiment qu'il y a une importante probabilité que l'épisode soit très fort entre octobre et décembre.