Les parcs éoliens flottants ne sont souvent pas très beaux à voir à l'horizon. Ils peuvent toutefois cacher d'incroyables écosystèmes. C'est le cas au Portugal. A 20 km de Viana do Castelo dans l'Atlantique, trois éoliennes flottantes produisent de l'électricité pour 25 000 foyers par an. Le parc semi-submersible éviterait annuellement 33 000 tonnes de CO2. Le côté flottant permet d'implanter l'éolien offshore dans des zones parfois très profondes, ici 100 mètres de profondeur.
Ocean Winds a observé l'évolution pendant 8 ans de ce qui se passait en profondeur au niveau de ce parc éolien et a partagé les résultats dans un rapport. La découverte est impressionnante : 272 espèces ont été recensées dans cet environnement. Pieuvre, raies, dauphins et même orques et requins forment un véritable écosystème sous-marin. Les pieuvres et les poissons étaient particulièrement plus nombreux dans la zone qu'aux alentours : près de 5000 poissons de 52 espèces différentes ont été observés ainsi que 674 pieuvres de l'ordre de 81 individus par hectare dans le parc, contre 38 dans les zones témoins. Le parc éolien n'attire pas que des animaux sous-marins : les chercheurs ont recensé 33 espèces d'oiseaux, ainsi que des chauves-souris.
Les plateformes immergées font, en fait, office de récifs artificiels : les parois sont remplies de moules, anémones et autres mollusques et crustacés qui attirent les prédateurs. Les pieuvres aiment chasser en se cachant dans les cavités des structures, c'est pour cela qu'elles sont si nombreuses dans ce secteur. Cette zone protège aussi les animaux car il n'y a pas de pêche et la navigation est restreinte : c'est un effet de réserve. Le parc éolien s'est transformé en refuge et en zone d'alimentation. Le site sert aussi de voie de migration.
"Les résultats de WindFloat Atlantic apportent des preuves solides et fondées sur des données que l'éolien flottant en mer peut coexister avec la biodiversité et même avoir des effets écologiques locaux positifs", a déclaré Catarina Rei, directrice des autorisations et de l'environnement chez Ocean Winds. Cela ne doit toutefois pas être vu comme une solution miracle. Ils ont remarqué que les marsouins étaient moins nombreux à l'intérieur qu'à l'extérieur de la zone. Cette diminution pourrait être liée à la présence ou au fonctionnement des éoliennes. Des espèces envahissantes ont aussi été détectées comme le wakamé, algue asiatique. Des mesures d'éradication pourraient être envisagées si nécessaire. Les résultats ne sont aussi calculés que sur un parc éolien limité et non un comprenant des dizaines de machines, qui peuvent impacter le bruit sous-marin, les courants ou encore les routes migratoires.