Les arbres sont souvent victimes de l'urbanisation. Certains sont toutefois davantage protégés, notamment les centenaires. Au Japon, particulièrement, ils tentent au maximum de leur donner une seconde vie. Lors de constructions, ils déplacent certains arbres centenaires grâce à un processus très minutieux. Cela peut prendre des mois, voire un an.
Des arboristes et des horticulteurs doivent préparer le système racinaire pour maximiser les chances de survie de l'arbre. Cette technique est appelée "nemawashi", qui signifie "faire le tour des racines". Les spécialistes taillent les racines de l'arbre progressivement. Cela favorise la croissance de nouvelles racines fines près du tronc : ce sont celles-ci qui vont absorber de l'eau et des nutriments nécessaires à la survie.
Pour le déplacement, les racines sont enveloppées dans des matériaux de protection et le tronc et les branches sont fixés pour limiter les dommages. Des grues et des engins de levage permettent le transport et l'arbre est ensuite replanté dans son nouvel environnement. Une fosse y est soigneusement préparée, débarrassée de toutes pierres ou débris, avec des structures de stabilisation. Un arrosage et un entretien réguliers sont alors mis en place. Il faut donc faire preuve de patience et de précision.
Cette démarche est ainsi réservée aux arbres ayant une grande valeur historique, culturelle ou écologique. Ils se trouvent souvent dans des sanctuaires, des jardins traditionnels ou des parcs historiques et se dressent depuis des générations. D'autres sont essentiels à la préservation de la biodiversité. La réussite n'est toutefois jamais garantie. Cela dépend souvent de l'espèce, de l'âge et de la santé de l'arbre. La qualité des soins ultérieurs est aussi très importante.
La ville de Fukuchiyama a réalisé avec succès un tel déplacement en octobre 2024. Un ginkgo de plus de 100 ans et de 18 mètres de hauteur poussait près d'une ancienne école et a été transplanté sur le site de l'Expo Osaka-Kansai 2025. La ville a confirmé par la suite qu'il était toujours vivant et produisait des fruits. Evidemment, c'est un processus coûteux et complexe. Il montre cependant qu'avec de l'anticipation, il est parfois possible de préserver l'identité culturelle et la nature sans stopper l'urbanisation.