Employée depuis plus de vingt ans dans un magasin de l'enseigne, une caissière espagnole a été brutalement licenciée. La cause de cette décision : un vol de 550 euros commis à sa caisse par des clients malintentionnés. La justice est venue trancher ce litige en déclarant le licenciement totalement abusif.
Les faits sur lesquels s'est penchée la justice se sont déroulés le 25 septembre 2025 au Pays basque espagnol, où l'enseigne de bricolage française a aussi des magasins, comme le rapporte Noticias Trabajo. Dans cette boutique, la salariée tenait sa caisse comme lors de toute journée ordinaire. Un client s'est présenté et a demandé à effectuer plusieurs échanges de billets de banque.
Sa complice se trouvait juste à côté pour régler un achat de 1,09 euro, pour quelques épingles à linge. Faisant preuve de prudence, la caissière a d'abord fermé son tiroir-caisse. Mais devant finaliser l'encaissement de ses propres clients, elle a été contrainte de le rouvrir. C'est à cet instant précis, pendant que la caissière était concentrée sur un encaissement, que l'individu a commis son méfait : il s'est penché au-dessus du comptoir, a plongé rapidement sa main à l'intérieur de la caisse ouverte, s'est emparé des billets, les a transmis à sa complice et le duo s'est éclipsé. Le vol a duré quelques secondes. Le manque de 550 euros n'a été constaté que le soir même, lors de la clôture des caisses.
Malgré la présence de caméras de sécurité, la direction du magasin espagnol de Leroy Merlin a dressé un récit bien différent dans sa lettre de licenciement, notifiée en octobre 2025. L'entreprise accusait la salariée d'avoir extrait elle-même un paquet de billets de 50 euros du tiroir pour le donner à l'homme afin qu'il le manipule et le compte devant elle. Se basant sur cette accusation d'imprudence grave, l'enseigne a prononcé un licenciement disciplinaire pour faute très grave.
Saisie par la salariée, la chambre sociale du Tribunal supérieur de justice du Pays basque a définitivement donné raison à la caissière le 16 juillet 2026. Les magistrats ont constaté que l'accusation de l'entreprise était démentie par les images : la salariée n'a jamais tendu de billets, mais a été victime d'un "vol par agilité" commis par un tiers.
Considérant la sanction totalement disproportionnée, le tribunal a annulé le licenciement. Leroy Merlin a été condamnée à réintégrer la caissière, à lui verser l'ensemble de ses salaires impayés depuis son renvoi, ainsi qu'une indemnité de 10 001 euros pour atteinte aux droits fondamentaux. La justice espagnole a rappelé qu'une erreur isolée ne justifie en aucun cas une mesure d'éviction aussi radicale.