La rentrée est enfin faite, les enfants ont retrouvé leurs camarades de classe pour le meilleur... et le pire. Souvent, ils se racontent ce qu'ils ont fait pendant leurs vacances d'été. Ces discussions bien qu'anodines peuvent avoir des conséquences une fois de retour à la maison. De nombreux enfants envient leurs copains qui ont de nouvelles affaires, sont partis en colonies de vacances ou encore ont vécu d'incroyables expériences.
"La rentrée scolaire peut être une période particulièrement propice à l'envie chez les enfants. Ils entendent souvent parler des expériences vécues par les autres enfants pendant l'été, comme les vacances et les camps de vacances, et certains arrivent à l'école avec de nouveaux vêtements et du matériel neuf, comme des chaussures et des fournitures scolaires", explique à Parents.com Whitney Raglin Bignall, psychologue pédiatrique. Les enfants deviennent alors envieux et veulent la même chose que leurs amis.
C'est une situation difficile à gérer pour les parents qui ne peuvent pas dire oui à tout ce que réclame l'enfant. Ce dernier peut alors sembler "matérialiste", mais c'est plutôt qu'il n'a pas le même rapport au monde que les adultes : "Par définition, les enfants manquent de recul car ils n'ont pas encore assez d'expérience de la vie ni vu le monde en profondeur. Leur identité est également moins stable car ils sont en constante évolution. De plus, ils n'ont peut-être pas encore la maturité nécessaire pour comprendre que les styles changent et que les modes passent", explique une autre spécialiste, Eileen Kennedy-Moore, docteure en psychologie. C'est aussi parfois un biais d'inclusion sociale et qui, de surcroit, peut entrainer des sujets de conversations.
Il ne s'agit donc pas simplement de caprices, surtout que ce ne sont pas que les jeunes enfants qui sont touchés. Une étude publiée dans le Journal of Consumer Research s'est appliquée à étudier à quel âge cette volonté est particulièrement observable. Elle s'est concentrée sur des jeunes de 8 à 18 ans. Cet aspect "matérialiste" augmenterait entre le milieu de l'enfance et le début de l'adolescence, notamment vers 12-13 ans, et redescend bien à la fin de l'adolescence. Posséder un même objet participe alors véritablement à l'intégration dans un groupe et même à l'estime de soi. Les auteurs considèrent que la baisse d'estime de soi observée autour de 12-13 ans peut pousser certains jeunes à donner davantage d'importance aux biens matériels, utilisant alors des réflexions comme "mais tout le monde l'a".
Plainte, accès de colère, dénigrement... L'envie peut s'exprimer de différentes façons. Si la volonté de l'enfant peut sembler superflue, il faut tout de même en discuter avec lui. "Aidez votre enfant à identifier ce qu'il ressent et pourquoi. Ensuite, dédramatisez ce sentiment. Il est important de se rappeler que l'envie est une émotion normale et non une mauvaise émotion. Rassurez votre enfant en lui disant que ressentir cela ne fait pas de lui une mauvaise personne", conseille Whitney Raglin Bignall. Il est aussi recommandé de leur rappeler ce qu'ils ont déjà et de cultiver la gratitude et le fait d'être heureux pour les autres. Les aider à distinguer besoin et désir est également très important : "Apprendre qu'on peut désirer quelque chose et survivre à son absence permet aux enfants de découvrir leurs forces", ajoute Eileen Kennedy-Moore. Les spécialistes ne disent pas pour autant qu'il ne faut jamais céder : "Je pense qu'il est acceptable d'acheter l'objet s'il correspond aux valeurs familiales, si la famille en a les moyens et si la raison de ce désir va au-delà de la simple envie", nuance Whitney Raglin Bignall.