Le rapport PISA 2026 de l'OCDE, publié ce mardi 8 septembre 2026, dresse un bilan assez décevant pour le système éducatif français. La France perd une place, désormais  27e place du classement mondial du niveau des élèves de 15 ans. Le pays enregistre les scores les plus bas de son histoire en compréhension écrite et en mathématiques.

La baisse des performances en lecture ne touche pas uniquement l'Hexagone. L'évaluation internationale met en évidence une baisse significative des capacités d'analyse et de compréhension de texte dans une grande majorité de pays occidentaux. Pendant ce temps, plusieurs systèmes éducatifs d'Asie de l'Est, avec la Chine et Singapour en tête, continuent de dominer le classement général.

Cette édition 2026 du rapport PISA apporte également un éclairage inédit sur la place des nouvelles technologies. Pour la première fois, l'OCDE a étudié la corrélation entre l'utilisation des assistants virtuels et le niveau des élèves. Le constat s'avère saisissant : "Ceux qui ont de meilleures performances en France sont ceux qui n'utilisent jamais l'IA", observe Eric Charbonnier, analyste éducation à l'OCDE, lors de la restitution des résultats.

Un détail qui interroge : quand il s'agit de faire des recherches préliminaires, de rédiger ou de résumer un texte, les élèves qui n'utilisent pas l'IA obtiennent en moyenne des résultats supérieurs de 20 points. C'est l'équivalent d'une année scolaire.

Comme le relaie franceinfo, seuls deux élèves français sur dix déclarent ne jamais (ou ne presque jamais) utiliser une IA conversationnelle pour apprendre. Au total, 37% disent s'en servir au moins une fois par semaine, contre 46% en moyenne dans l'OCDE. Attention toutefois à ne pas surinterpréter les chiffres : la réflexion sur l'usage de l'IA doit être globale. Si manifestement l'utilisation actuelle des technologies de l'intelligence artificielle est néfaste, il y a sans doute une réflexion à mener pour en faire un outil utile pour favoriser les apprentissages.

Pour l'heure, il existe un consensus scientifique sur une donnée : le fait de déléguer la rédaction ou la recherche documentaire à des outils automatisés peut priver les jeunes des efforts intellectuels nécessaires pour construire une pensée critique. L'étude ne donne pas d'éléments explicatifs au-delà de cette corrélation, mais les experts de l'enseignement savent que la résolution d'un problème complexe ou la synthèse de données nécessitent des mécanismes cognitifs spécifiques. L'absence d'effort individuel de réflexion pourrait affaiblir progressivement la mémoire de travail, la capacité de concentration et la faculté à construire un raisonnement critique autonome.

Au-delà de la baisse générale des notes, l'enquête confirme une fragilité structurelle de l'école française. La France reste l'un des pays de l'OCDE où le milieu socio-économique des familles influe le plus fortement sur le parcours des enfants. L'écart de résultats entre les élèves issus de milieux favorisés et ceux venus de milieux défavorisés ne se résorbe pas.