Il y a plus de 500 millions d'années, les océans abritaient déjà d'étranges organismes, dont les scientifiques peinent encore à comprendre la nature. Une récente découverte apporte de nouveaux éléments sur l'un des plus mystérieux d'entre eux : Charnia. Dans le Finnmark, un comté norvégien situé à l'extrême nord du pays où se trouvent des roches datant de la période de l'Ediacarien, des chercheurs sont tombés sur deux spécimens.
Les Charnia sont une forme de vie éteinte il y a si longtemps qu'on a du mal à s'en faire une idée concrète. Ils sont souvent associés à une forme de vie animale, ressemblant à une plante - un peu comme le corail -, qui vivait accrochée sur les fonds marins grâce à une sorte de pied. Les chercheurs supposent que son corps, en forme de plume, filtrait les micro-organismes de l'eau pour se nourrir.
Comme le rapporte l'étude publiée le 9 septembre dans la revue Paléontologie, l'un des spécimens présente une conservation tridimensionnelle exceptionnelle, alors que les fossiles de Charnia sont habituellement retrouvés sous la forme d'empreintes assez plates. L'organisme aurait été enseveli par un glissement de terrain sous-marin. Il se serait alors rempli de sable et de sédiments, ce qui aurait permis de conserver une partie de son volume.
La conservation du spécimen trouvé en Norvège a permis aux chercheurs d'observer sa morphologie avec davantage de précisions. Ils ont notamment identifié des sortes d'arêtes le long des ramifications, donnant à celles-ci une forme "plus anguleuse". Il ne s'agit toutefois que d'un spécimen parmi tant d'autres : il n'est donc pas encore possible de généraliser cette morphologie à tous les Charnia.
Cette découverte présente un autre intérêt : c'est la première fois que des fossiles de Charnia sont identifiés en Scandinavie. Elle étend ainsi leur répartition géographique connue et pousse les chercheurs à vouloir effectuer des recherches sur de nouveaux sites.
Cet organisme reste encore très mystérieux. Les scientifiques peinent à le rattacher à une forme de vie connue. "Lorsque l'on remonte aussi loin dans le temps, ces organismes sont si étranges et mystérieux qu'il est difficile de les situer par rapport à des formes de vie plus familières", a expliqué le géologue Yorick Veenma au média norvégien forskning.no. "Nous ne savons même pas si nous devrions l'appeler un animal", a-t-il ajouté. Le débat reste donc ouvert et son mode de vie demeure très énigmatique.