A la caisse, les employés doivent vérifier l'âge du client lors de l'achat de produits interdits à la vente aux mineurs comme l'alcool, les jeux d'argent ou le tabac. Cela peut être laborieux, voire malaisant parfois. Des interactions délicates avec des clients peuvent en découler. C'est en tout cas ce qu'explique Philippe Gélinas-Bernier, ancien caissier dans un "dépanneur", l'équivalent d'une petite épicerie de quartier ou supérette en France, auprès du Journal de Montréal

Il souhaitait simplifier cette tâche ingrate d'estimer l'âge des clients. Il a mis en place un petit appareil qui se pose sur un comptoir ou près de la caisse en direction des clients. Si une lumière verte s'affiche, il n'est pas nécessaire de demander la carte d'identité. Si elle est rouge, la vérification est recommandée. L'employé décide ensuite s'il le fait ou non, ls signal rouge n'engage pas une obligation.

Ce fonctionnement peut toutefois poser question sur la collecte de données : selon l'ancien caissier, le boitier n'enregistre rien et n'a pas accès à Internet. Il s'agirait simplement d'un "traitement local" avec un "algorithme" qui estime l'âge grâce à l'analyse des traits du visage en temps réel. Il ne s'agit pas de reconnaissance faciale. 

Age Gardien est actuellement testé dans plusieurs établissements et les premiers retours sont bons. L'appareil n'étant pas caché, il aurait même un effet dissuasif sur le fait de tenter de se procurer des produits réglementés sans avoir l'âge requis. Le site de l'entreprise avance différents avantages de ce système : réduction du risque de ventes illégales, image de commerce responsable, diminution des erreurs humaines, solution moderne et évolutive, mais aussi acceptabilité sociale et réglementaire. 

Un dispositif similaire existe en France : Mycheckr Mini de Bergens. Avec un fonctionnement autonome, il propose le même système de couleur et peut être configuré sur n'importe quel seuil d'âge. Il n'y a de nouveau pas de prises d'images ni de stockage. L'appareil a notamment été mis en place chez les buralistes. S'il reste commercialisé, son déploiement a été largement ralenti après l'avis défavorable de la CNIL. En 2025, l'outil a été jugé "ni nécessaire, ni proportionné". "La caméra "augmentée" ne procédant qu'à une estimation, le respect de leurs obligations suppose quand même que les buralistes demandent systématiquement à leurs clients une preuve de majorité. En conséquence, l'analyse préalable du visage des personnes par une caméra pour estimer leur âge n'apparaît pas nécessaire", explique la CNIL. Le régulateur n'a pas interdit le produit lui-même : il considère que son utilisation automatique et continue telle qu'elle était pratiquée n'est pas conforme au RGPD.