Alors que le gouvernement français va tenter ce mardi d'apporter une réponse à la flambée des prix des carburants, la semaine a commencé avec quelques espoirs du côté des cours du pétrole. Ce lundi 21 septembre, l'or noir a continué à baisser pour la quatrième journée consécutive, le cours du Brent passant sous les 100 dollars (99,99 dollars le baril), tandis que celui du WTI (West Texas Intermediate), autre indicateur majeur au niveau mondial utilisé comme standard dans la fixation du prix, est descendu à 92,10 dollars. Leur plus bas niveau depuis le 10 septembre.

Ce mardi matin, les cours, quoiqu'en légère hausse, tendaient à la stabilité, les dernières mesures au moment où nous écrivions ces lignes étant à 98 dollars pour le Brent et même un peu plus de 89 pour le WTI. Loin des 70 dollars constatés début juillet, mais tout de même en baisse en comparaison des 105 et même près de 110 dollars atteints il y a quelques jours à peine. Ce pétrole moins cher agit comme un ballon d'oxygène pour l'économie, de quoi espérer une baisse des prix à la pompe prochainement ?

Difficile de l'affirmer, mais plusieurs facteurs ont soutenu cette tendance à la baisse et pourraient aller dans le sens d'une accalmie sur le front des prix. A commencer par les signaux venus du Proche-Orient. Les tensions y restent vives : les Houthis du Yémen, soutenus par l'Iran, ont revendiqué samedi des tirs de missiles et de drones sur Riyad, ainsi que sur une installation d'Aramco, l'un des principaux producteurs d'énergie et de produits chimiques saoudiens, à Yanbu, un centre névralgique des exportations pétrolières situé le long de la Mer Rouge, dans la région de Médine.

D'une capacité de 7 millions de barils par jour, l'oléoduc Est-Ouest, débouchant à Yandu, était devenu une route alternative au détroit d'Ormuz, toujours bloqué depuis le début de la guerre entre les Etats-Unis et l'Iran en février. Mais il avait été fermé par l'Arabie saoudite mi-septembre,  après une attaque de drones lancés depuis l'Irak, vraisemblablement par des groupes armés irakiens pro-iraniens. 

C'est la Chine qui a pu inverser la tendance, en s'invitant dans le bal diplomatique comme rarement : pressé par un appel de l'Arabie saoudite, Pékin aurait, en fin de semaine dernière, demandé à Téhéran de tenir les Houthis en respect. Conséquence directe ou non : Riyad a rouvert un peu ses vannes et a relancé l'acheminement de son pétrole brut via son oléoduc stratégique comme la rapporté Reuters. Les exportations de Saudi Aramco ont ainsi dépassé les 4 millions de barils par jour, selon des données préliminaires du cabinet Kpler, après s'être effondrées en août à 2,4 millions, un plus bas depuis au moins 2013.

"Malgré l'interruption de l'oléoduc est-ouest saoudien, les flux pétroliers au Proche-Orient restent étonnamment robustes", observaient dès vendredi les analystes de JPMorgan, évaluant ces flux à 17,1 millions de barils quotidiens sur dix jours.