Le niveau de la mer ne cesse de monter avec le changement climatique, menaçant directement des îles et Etats insulaires. C'est notamment le cas de Tuvalu, un petit archipel polynésien de 26 km² situé dans l'ouest de l'Océan Pacifique Sud. Indépendant depuis 1978, cet Etat insulaire d'environ 10 000 habitants pourrait devenir en grande partie inhabitable avant la fin du siècle.

Plusieurs facteurs expliquent cette menace. L'érosion côtière, parfois aggravée par l'activité humaine, fragilise les terres, tandis que le niveau de la mer augmente particulièrement rapidement dans cette région du Pacifique. En 30 ans, le niveau de la mer a grimpé de 15 centimètres, soit 1,5 fois la moyenne mondiale, selon une étude de la NASA. Tuvalu est d'autant plus vulnérable que son altitude moyenne ne dépasse pas deux mètres. Près de la moitié des terres sur l'atoll principal, celui de Funafuti, pourraient ainsi être régulièrement inondées par les marées d'ici 2050. À l'horizon 2100, cette proportion pourrait atteindre 95 % dans un scénario de fortes émissions de gaz à effet de serre, sans mesures d'adaptation.

Les inondations répétées, la salinisation de l'eau douce et la dégradation des terres agricoles pourraient rendre une partie du pays inhabitable bien avant cette échéance. Les habitants semblent déjà se préparer à l'exode. Leur refuge : l'Australie. En 2023, Tuvalu a signé un accord avec le pays pour permettre à 280 Tuvuluans par an d'obtenir un visa de résidence permanente en Australie. A l'été 2025, 8750 inscriptions avaient déjà été recensées, représentant plus de 80% de la population.

Tuvalu n'est pas pour autant résigné à disparaitre. Le 6 octobre 2026, à l'occasion de la pré-Cop31 dans le Pacifique, des représentants d'une trentaine de pays ont assisté à la présentation d'un projet de créations de terres surélevées à partir de sable prélevé dans les lagons. Ces travaux visent à permettre de gagner environ 21 hectares sur la mer pour son île principale. Ces aménagements doivent permettre aux habitants de continuer à vivre sur leurs terres malgré la montée des océans. Mais ils ne suffiront pas, à eux seuls, à écarter durablement la menace. De plus, pour préserver leur culture, les dirigeants ont lancé le projet de numériser leur patrimoine pour créer un "musée virtuel" de leur nation à destination notamment des prochaines générations.