Dans la nature, certaines formations géologiques restent inexpliquées. C'est le cas de ce cône de pierre situé en Sibérie orientale, en Russie. Appelé le "cratère Patomsky", il mesure environ 40 mètres de haut et 180 mètres de diamètre. Il se dresse au milieu d'une forêt de mélèzes, à flanc de montagne et est composé de calcaire gris fracturé. Avec sa forme particulièrement inhabituelle, il semble presque étranger au paysage qui l'entoure. Les scientifiques cherchent à percer son mystère depuis sa découverte en 1949 par le géologue Vadim Kolpakov.

Plusieurs expéditions scientifiques y ont été organisées, mais sans parvenir à définir avec certitude son origine. Vadim Kolpakov avait d'abord émis l'hypothèse qu'une météorite avait créé le cône. En 1908, l'événement de la Toungouska, une puissante explosion survenue en Sibérie centrale, avait dévasté une vaste étendue de forêt. Aucune preuve convaincante d'un impact n'a toutefois été retrouvée sur le site. De plus, un tel impact forme généralement une dépression, alors que cette formation s'élève au-dessus du sol. L'étude des cernes des arbres a également révélé que le cône était bien plus ancien que l'événement de la Toungouska : il aurait commencé à se former entre la fin du XVe et le début du XVIe siècle, soit il y a environ 500 ans.

D'autres explications géologiques ont alors été envisagées. L'une d'elles avance que des remontées de vapeur et de gaz depuis les profondeurs de la Terre, le long d'une faille, auraient provoqué la fracturation des roches et le soulèvement du terrain. Une autre hypothèse met en cause le gel : une importante masse de glace souterraine aurait progressivement soulevé et fracturé le calcaire. Les mécanismes pourraient également se combiner, le gel ayant contribué à modifier une structure initialement formée par un autre phénomène.

La dernière expédition documentée remonte à septembre 2022. Des mesures par géoradar ont été menées pour explorer la structure souterraine du cratère. Les résultats de cette analyse n'ont pas révélé la présence d'un corps étranger massif enfoui, comme une météorite. En revanche, les chercheurs ont détecté une anomalie verticale sous la partie centrale de la formation, qui pourrait correspondre à une zone de roche fracturée et saturée en eau. Cette découverte pourrait notamment conforter l'hypothèse du gel : dans le climat sibérien, l'eau infiltrée dans les roches peut geler et provoquer leur soulèvement.

Les scientifiques considèrent également qu'une origine liée à des phénomènes géologiques internes reste plausible, sans exclure totalement un ancien impact météoritique suivi de déformations provoquées par le gel. De nouvelles investigations sont nécessaires pour trancher. Elles sont néanmoins compliquées par l'isolement du site, difficile d'accès, qui rend chaque expédition particulièrement coûteuse.