Fuyant la flambée des prix et le tumulte de Saint-Sébastien, Ibon Berasategui, 32 ans, a fait le choix de s'installer dans un hameau reculé des Asturies comptant seulement 18 habitants. Pour le jeune homma, originaire de la capitale du pays basque espagnol, la rupture avec la métropole relevait de l'évidence. Dans cette station balnéaire prisée, le mètre carré dépasse désormais les 5 300 euros sous l'effet conjugué de la pression touristique et de la gentrification. Lassé du bruit et des loyers exorbitants, le trentenaire mûrissait l'idée d'un retour à la terre depuis l'enfance. Mais la peur de la solitude a longtemps freiné son départ.
C'est un séjour dans le nord verdoyant qui a scellé sa décision, comme il le rapporte au média La Razon. Après plusieurs semaines de repérage dans les Asturies, il franchit le pas : "J'ai réussi à acheter un terrain et je suis resté ici", a-t-il confié dans ses carnets de bord. Épaulé par son ami Axel, nomade numérique qui l'a encouragé, Ibon s'installe d'abord en colocation dans le village, le temps de réhabiliter une ancienne grange agricole en ruine pour bâtir son foyer définitif.
Dès ses premières semaines d'installation, le contraste économique avec la ville stupéfie le jeune homme. Interrogé par le journal national La Razón, Ibon partage son étonnement face aux barèmes des régies locales : "C'est ridicule, mais nous payons 5 euros par an pour l'eau", affirme-t-il. Cette dépense minime s'accompagne d'une facture d'électricité tout aussi modique, plafonnant entre 17 et 18 euros par mois chez ses voisins. Ce qui lui inspire cette ironie : "Ça n'a pas de sens d'installer des panneaux solaires si on ne paie rien."
Le panier de courses connaît la même baisse spectaculaire en évitant les grandes surfaces au profit des circuits courts et des producteurs locaux. Ibon résume l'écart avec franchise : "Le poulet est à 3 € le kilo... Un peu ridicule comparé à Saint-Sébastien, où il est à 8 € le kilo. "Un allègement financier total qui lui fait affirmer sans détour : "Pour moi, c'est le paradis."
L'aventure rurale comporte toutefois son lot d'exigences. La requalification légale de sa grange en logement habitable lui a imposé de longues démarches administratives, chiffrées à près de 15 000 euros rien que pour les permis. Suivi par des milliers d'abonnés sur sa chaîne YouTube "Crónicas Berasategui", son parcours inspire, parfois avec excès. Lucide, il tempère l'angélisme de certains citadins : "Les gens m'écrivent comme si j'étais un agent immobilier, en me demandant de leur chercher une maison avec deux chambres ou n'importe quoi d'autre."