Tout abandonner pour partir vivre plusieurs mois dans l'une des parties les plus isolées du monde. C'est la mission exceptionnelle qu'a proposée en Antarctique l'association britannique UK Antartic Heritage Trust pour une durée de cinq à six mois. Sur l'île Goudier, qui fait la taille d'un terrain de football, se trouve le Port Lockroy, bâtiment de plus de 80 ans abritant le bureau de poste le plus austral du monde. Il avait été construit à l'origine en 1944 pour renforcer la présence britannique en Antarctique.

Désormais, d'importants travaux de réparation y sont en cours : la bâtisse souffre de son âge et des changements environnementaux. Il subit notamment les précipitations accrues et l'accumulation de neige. L'association veut, pour la deuxième année de ce projet qui tente de sauver le lieu historique, installer six poutres sur le toit et une centaine de supports métalliques en bois et au sol pour permettre une meilleure tenue face aux charges de pluie et de neige. Pour cela, ils ont donc engagé huit nouvelles personnes qui partiront fin octobre jusqu'au moins fin mars. 

Ils ne se contenteront pas de ces travaux : ils devront aussi gérer le bureau de poste le plus isolé du monde, le musée et la boutique de souvenirs, des visiteurs venant sur place grâce à des bateaux de croisière. Autre tâche complètement différente : ils surveilleront la colonie de plus de 1000 manchots papous, en enregistrant des données à leur sujet. Ils devront notamment recenser les nids, les œufs et les petits pour suivre l'évolution de la colonie.

Les conditions de vie seront assez particulières : les travailleurs vont partager un dortoir sans eau courante ni toilettes à chasse d'eau. Il faudra aussi s'adapter aux températures glaciales 24h/24 et à la lumière naturelle constante. Le communiqué d'appel avait précisé les conditions difficiles qui attendent les volontaires : "Il n'y a pas d'eau courante sur l'île, ni de douches ; les installations sanitaires sont donc très rudimentaires. L'eau est collectée dans des réservoirs auprès des navires de passage, qui proposent des douches environ une fois par semaine. Mais en cas de mauvais temps, vous pourriez vous retrouver sans visiteurs ni douches pendant deux semaines", peut-on lire. La mission reste hors du commun : "Malgré tous les défis, les récompenses sont extraordinaires : des icebergs qui longent l'île, des poussins de manchots qui éclosent à quelques mètres de distance et l'été antarctique qui s'étend sous le soleil de minuit".

Côté compétences, les huit membres se sont formés aux premiers secours, ont eu des cours de survie en mer et ont appris la biologie et l'étude des manchots. Le salaire proposé était situé entre 1700 et 2500 euros, avec nourriture, logement et équipement compris. Une nouvelle campagne pourrait être lancée au printemps prochain, si l'organisme conserve son calendrier habituel, mais elle n'est pas encore confirmée.