Le paysage vallonné de Schlatt-Haslen, en Suisse, a récemment vu apparaître une nouvelle silhouette métallique. Anton Fritsche, affectueusement surnommé Toni par la presse locale, a passé plusieurs mois à assembler cette infrastructure géante à partir de deux anciennes installations mises au rebut. Selon la chaîne régionale TVO, le sexagénaire a agi " tout à fait de sa propre initiative " pour mener à bien ce chantier d'envergure.

L'investissement financier est à la hauteur de la structure. Comme le rapporte Nau.ch, l'agriculteur a déboursé environ 60 000 francs suisses (un peu plus de 60 000 euros) uniquement pour couler les fondations, auxquels s'ajoutent 50 000 euros supplémentaires pour l'achat et l'assemblage des pales et du mât. Le journal Blick précise que l'objectif de cette manœuvre est clair : Toni Fritsche souhaite "vivre de manière indépendante sur le plan énergétique" et " produire plus de courant qu'il n'en consomme" au quotidien.

Si l'éolienne tourne et fournit de l'électricité depuis environ trois semaines, l'administration cantonale, elle, n'avait pas été conviée au projet. La télévision locale TVO résume la situation de manière assez insolite en expliquant que l'agriculteur a construit son moulin à vent "sans la moindre autorisation, mais avec la bénédiction des voisins".

La commission des constructions locale, mise devant le fait accompli, a rapidement eu vent de l'affaire. La chaîne publique SRF indique que cette autorité cantonale "veut faire la lumière sur cette affaire". En Suisse comme en France, les règles d'urbanisme sont extrêmement strictes et la construction sauvage d'une tour de trente mètres au milieu des pâturages alpins constitue une violation directe des procédures d'aménagement du territoire.

Plutôt que de faire profil bas, l'agriculteur compte désormais sur la clémence des autorités. La presse nationale indique qu'il "veut déposer la demande de permis de construire a posteriori et espère que les autorités se montreront conciliantes". "Elles sont obligées de nous l'accorder. On ne peut pas se contenter de se plaindre sans cesse des conséquences du changement climatique, comme la sécheresse, et ne rien faire", assure quant à lui l'agriculteur à Nau.ch, qui ajoute qu'"il souhaite accroître la pression sur les autorités par le biais des médias et en recueillant des signatures".

Le risque est immense pour le paysan appenzellois. Si la demande de régularisation est rejetée par le canton, le propriétaire s'expose à l'obligation stricte de démolir l'installation. Un dénouement qui réduirait à néant un investissement de plus de 100 000 euros et de longs mois de travail acharné.