La Lune est constellée de cratères plus ou moins grands. Bombardée régulièrement par des micrométéorites puisque l'absence d'atmosphère empêche qu'ils se désagrègent avant leur arrivée au sol comme sur Terre, notre satellite naturel peut avoir l'apparence d'un vrai gruyère. Certains de ces trous intéressent toutefois de très près les scientifiques, à commencer par ceux de la NASA.
L'agence spatiale américaine pointe en effet de nouveau son regard sur la Lune, près de 60 ans après les missions Apollo qui ont notamment mené Neil Armstrong à poser le premier le pied sur la Lune le 21 juillet 1969. L'agence spatiale américaine prévoit d'installer une base permanente à sa surface d'ici 2032, un véritable avant-poste humain baptisé tout simplement "Moon Base". Pour y parvenir, encore faut-il savoir où et comment loger des astronautes dans un environnement hostile.
Car la vie sur la Lune relève du défi extrême. Une journée lunaire dure environ quinze jours terrestres, pendant lesquels la surface peut atteindre 127 °C, avant de plonger à près de -173 °C durant la nuit, tout aussi longue. À cela s'ajoutent les rayons cosmiques, les radiations solaires et donc le bombardement incessant de micrométéorites.
C'est là qu'interviennent d'étranges trous repérés à la surface. Découverts en 2009, plus de 200 de ces puits intriguent les scientifiques. "Environ 16 des plus de 200 puits sont probablement des tunnels de lave effondrés", expliquait alors Tyler Horvath, doctorant en science planétaire à l'UCLA. Mais tout reste à confirmer !
L'intérêt de ces cavités est en tout cas majeur. En 2022, grâce à la sonde Lunar Reconnaissance Orbiter, des chercheurs ont découvert qu'au fond de certains de ces puits, la température reste étonnamment stable, autour de 17 °C. "Les puits lunaires sont une caractéristique fascinante de la surface lunaire", soulignait Noah Petro, de la NASA.
"Les humains ont évolué en vivant dans des grottes, et c'est dans des grottes que nous pourrions retourner lorsque nous vivrons sur la Lune", ajoutait alors son collègue David Paige. Les astronautes deviendront-ils des hommes des cavernes sur la Lune pour survivre ? C'est précisément pour vérifier cette hypothèse que la NASA a officialisé début octobre une nouvelle mission. Le dispositif GIMLI (Geophysical Instruments for Marius Lunar pit Investigation) sera déployé sur le fameux cratère de Marius Hills, un gouffre profond de 34 à 45 mètres et large de 65 à 90 mètres selon les estimations de la NASA. Un rover devra y réaliser des mesures et photographies, utilisant ondes sonores, radar et gravité pour cartographier ce qui se cache sous la surface.
L'objectif est de savoir si ce trou ouvre sur un vaste réseau de tunnels capables de servir d'abris naturels, offrant des températures plus stables et une meilleure protection contre les radiations mortelles. "La NASA construit le guide de survie interplanétaire ultime", résumait Nicky Fox, directrice scientifique de l'agence, ces recherches devant "aider directement la NASA à minimiser les risques pour nos astronautes alors que nous installons le premier avant-poste de l'humanité en préparation de l'envoi des premiers astronautes vers Mars."