C'est une belle redécouverte pour une famille italienne. Orlando Dell'Andrea était prisonnier dans un camp allemand de Heilbronn-Neckargartach. Le 5 juin 1944, il a écrit une carte postale qu'il espérait voir parvenir à sa femme, Carmela. Malheureusement, son vœu n'a pas été exaucé. Dans cette lettre, Orlando s'adresse à sa femme pour accuser réception de la carte postale qu'elle lui avait envoyée le mois précédent. Il en profite pour lui donner des nouvelles et ajoute un mot pour la rassurer : "Ne t'inquiète pas pour moi, je me débrouillerai comme toujours".

Cette carte postale n'a toutefois pas été perdue pour toujours : un collectionneur passionné d'histoire l'a retrouvée parmi des documents anciens. Pasquale Alessandro Campo, qui s'intéresse à la correspondance des militaires italiens internés, souhaitait la restituer aux descendants du prisonnier. Pour retrouver la famille du défunt, il a posté une annonce sur un groupe Facebook : "Nous recherchons des membres de la famille ou des descendants d'un soldat interné, Orlando Dell'Andrea, originaire du hameau de L'Andria, commune de Selva di Cadore. Nous sommes en possession de documents postaux originaux lui ayant appartenu".

Fin septembre, l'arrière-petite-fille du soldat, Martina Pallua, est tombée sur le message. Une découverte qui a provoqué chez elle un mélange de surprise, d'émotion et de curiosité. Le collectionneur a alors remis la carte postale à la famille le 13 octobre dernier, et Martina Pallua a pu retracer l'histoire de son arrière-grand-père qu'elle n'avait jamais connu puisqu'il était décédé avant sa naissance.

Orlando était parvenu à rentrer chez lui au printemps 1945 après deux tentatives d'évasion, la première ayant échoué. Martina Pallua a confié que la guerre était un sujet peu évoqué dans sa famille. C'était davantage le retour du soldat qui était raconté : "Son fils Arrigo et ma grand-mère Maria, qui étaient alors de jeunes enfants, s'étaient enfuis, terrifiés, à la vue de cet homme sale, malade et couvert de poux. Ils ne l'avaient pas reconnu", s'est-elle remémorée auprès du quotidien italien Gazzettino. Les souvenirs familiaux évoquent également son évasion : les rivières qu'il a traversées sans savoir nager, puis un trajet en train, en vêtements civils, à côté d'un officier allemand... La jeune femme est heureuse de pouvoir retracer le parcours de son aïeul : "Cela m'a permis de revenir sur ses traces et sur son histoire", a-t-elle confié.