A la Toussaint, de nombreux Français vont se recueillir dans les cimetières. Alors que ces espaces ont tendance à être de plus en plus fleuris, les cercueils deviennent quant à eux plus respectueux de la nature. Des cercueils "vivants" et écologiques existent même désormais. Ils ne sont pas en bois, mais créés à partir de champignons.

Une startup néerlandaise, nommée Loop Biotech, s'est intéressée aux articles funéraires et a lancé ce qu'elle présente comme un "cocon vivant" à base de champignons. Il est fabriqué avec du mycélium, réseau de filaments qui constitue la partie végétative des champignons, et des fibres de chanvre issues notamment de déchets agricoles. Ces matériaux sont placés dans un moule, dans lequel le mycélium se développe jusqu'à prendre la forme d'un cercueil, et ce en seulement une semaine. À l'intérieur, des revêtements naturels comme de la mousse végétale, de la laine ou du coton biologique peuvent être ajoutés.

Une fois enterré, le cercueil de 30 kg peut se décomposer en seulement 45 jours, selon l'entreprise, lorsque les conditions sont idéales. Cela le différencie largement d'un cercueil en bois qui met des dizaines d'années à se décomposer. Ce modèle présente d'autres avantages : il limite notamment l'abattage d'arbres et l'utilisation de certains matériaux synthétiques. Selon le fabricant, sa fabrication ne nécessite ni colle, ni plastique, ni produit chimique ajouté. Autre particularité : malgré sa biodégradabilité, il peut être conservé aussi longtemps qu'un cercueil classique, à condition de rester dans un endroit sec et ventilé. 

En France, aucun texte n'impose que les cercueils soient en bois, mais ils doivent respecter des exigences de résistance, d'étanchéité et de biodégradabilité pour l'inhumation. La crémation connait toutefois une croissance continue en France, concernant désormais près de la moitié des obsèques. Elle génère cependant la production d'émissions de C02, alors que le cercueil en champignon est conçu pour retourner à la terre et même la nourrir. "Cette idée selon laquelle on ne monte peut-être pas au ciel après la mort, mais qu'on retourne à la terre, est un discours de plus en plus populaire autour de la mort et du deuil", a expliqué Hannah Gould, anthropologue culturelle à l'Université de Melbourne rapporte The Guardian.

L'entreprise livre principalement en Europe, au Canada et aux Etats-Unis. Côté prix, ce cercueil écologique est proposé à partir de 1 495 euros. Un tarif nettement supérieur à celui des modèles d'entrée de gamme en pin, qui coûtent généralement entre 300 et 800 euros en France, mais comparable à celui de certains cercueils en chêne, dont les prix peuvent atteindre 1 500 euros pour un modèle de milieu de gamme. Le prix varie beaucoup en fonction des finitions choisies.