Des phénomènes spectaculaires peuvent être observés dans le ciel, et ce même en France. C'est le cas des "sprites rouges". Ces phénomènes lumineux transitoires, aussi appelés farfadets, peuvent être observés lors des orages, mais ne durent que quelques dizaines de millisecondes, souvent entre 10 et 50 ms, et sont donc très difficiles à détecter à l'œil nu. Certains chanceux ont pu en apercevoir il y a quelques semaines dans le ciel français. Dans le Var, dans la nuit du 3 au 4 octobre, l'espace de quelques instants, le phénomène s'est produit. Yohan Laurito, fondateur de Météo-Varoise, est parvenu à photographier ces "sprites rouges" depuis Brignoles, à 3 heures du matin. "A la faveur d'un ciel relativement dégagé, de nombreuses apparitions de "red sprites", ou sprites rouges, ont été observées pendant plusieurs heures dans le ciel varois, au-dessus de puissants systèmes orageux évoluant des Baléares jusqu'à la Catalogne", précise-t-il sur Instagram.

© Yohan Laurito

Contrairement aux éclairs classiques, ils apparaissent très haut dans l'atmosphère. Ils sont décrits comme des décharges électriques qui se développent à des dizaines de kilomètres d'altitude, souvent entre 40 et 90 km. C'est bien plus haut que les nuages d'orages qui culminent vers 15 km. La couleur s'explique par des émissions lumineuses de molécules d'azote présentes dans la haute atmosphère et qui sont excitées par les décharges. Leur forme est comparée à des colonnes et peut parfois aussi faire penser à d'immenses méduses suspendues dans le ciel. 

Les scientifiques s'intéressent à ces phénomènes. La Nasa a même mis à contribution les amateurs pour documenter les images et apparitions de ces derniers via un programme de science participative nommé Spritacular. Dans une étude publiée en juillet 2026 dans le Journal of Geophysical Research, des chercheurs ont analysé 41 sprites observés depuis la Station spatiale internationale. La majorité se trouvait au-dessus de régions tropicales, notamment en Afrique. Ils ont constaté que 89% étaient associés à des éclairs positifs, qui prennent naissance dans la partie supérieure d'un nuage d'orages et sont plus rares et plus puissants, et que certains peuvent apparaitre des centaines de millisecondes après l'éclair.

Pour réussir à avoir une bonne photo, il faut bien repérer la zone orageuse, la direction et bien choisir l'angle de prise de vue. Un appareil photo suffisamment sensible, bien installé sur un trépied, permet d'augmenter ses chances. Puis, il faut s'armer de patience pour attendre le moment opportun.