Elle pensait acheter une jolie plante décorative. Dix-huit ans plus tard, Đurđica Jantol possède un arbre dont les fruits intriguent les visiteurs du marché de Ludbreg, dans le nord de la Croatie. En octobre 2026, cette habitante de Sesvete Ludbreške a raconté son histoire au journal croate Podravski. Tout a commencé en 2008, pendant des vacances en Dalmatie. Une vendeuse lui a proposé un jeune plant pour 50 kunas, soit environ 6,64 euros au taux de conversion adopté par la Croatie en 2023. " J'ai hésité à l'acheter ", se souvient-elle. Elle ignorait alors qu'il produirait un fruit encore méconnu dans sa région.

De retour chez elle, Đurđica a installé son arbuste à l'abri du vent, sans savoir s'il supporterait le climat de la Podravina, une région située à l'intérieur des terres. Il lui a fallu patienter cinq ans avant de récolter ses premiers fruits. Aujourd'hui, son jujubier produit chaque automne de petites jujubes, également appelées dattes chinoises. Elle les récolte en octobre et en apporte quelques-unes au marché. Selon son témoignage, les clients découvrent souvent ce fruit pour la première fois et souhaitent en savoir davantage. Avec le reste de sa récolte, elle prépare des confitures et des liqueurs.

Mais qu'a donc de particulier ce jujube ? Originaire de Chine et de régions voisines d'Asie orientale, le fruit provient du Ziziphus jujuba, une espèce identifiée par les jardins botaniques royaux de Kew, au Royaume-Uni. D'après l'université de Californie à Davis, il mesure généralement entre deux et cinq centimètres selon les variétés. D'abord vert, il devient brun-rouge en mûrissant. Sa chair est douce et sucrée. Frais, il peut rappeler la pomme, tandis qu'en séchant, il prend l'aspect d'une petite datte. Il peut être consommé frais, séché ou confit.

Le jujube possède aussi des qualités nutritionnelles intéressantes. Selon l'université de Californie à Davis, elle est notamment riche en vitamine C. Đurđica lui attribue également des effets bénéfiques sur la digestion, le stress, l'immunité et la tension artérielle. Des propriétés qui doivent toutefois être nuancées. Une étude clinique publiée en 2024, portant sur 60 personnes atteintes d'un syndrome métabolique, n'a pas observé de réduction significative de leur tension artérielle après huit semaines de consommation de jujube. Les auteurs ont néanmoins relevé certains effets positifs sur le stress et les paramètres sanguins.

Les recherches scientifiques restent donc prudentes. Une analyse publiée le 21 mai 2025 dans la revue Nutrition & Diabetes a rassemblé sept études portant sur 483 participants. Elle a identifié des effets potentiellement favorables sur certains paramètres métaboliques, tout en soulignant la faible qualité globale des preuves disponibles. Les résultats ne permettent pas de considérer le jujube comme un traitement médical évidemment. Quant à sa culture, le succès d'un arbre isolé ne suffit pas à démontrer qu'elle pourrait se développer à grande échelle dans toute la région.

Pour Đurđica, l'histoire reste avant tout celle d'un achat inattendu. Elle ne possède qu'un seul jujubier et n'exerce aucune activité de production fruitière professionnelle. Mais l'intérêt suscité par ses récoltes lui donne des idées. Elle estime que l'évolution du climat local pourrait permettre à d'autres habitants de cultiver cet arbre, traditionnellement associé aux régions plus chaudes. Pour l'instant, elle continue simplement d'apporter quelques fruits au marché, où ils constituent une curiosité à chaque nouvelle récolte.