Des chercheurs de l'Université de New York et de Northeastern University ont évalué plus de 86 fonctionnalités de sécurité déployées par TikTok, Instagram, Snapchat et YouTube. Résultat : seules 35 d'entre elles se sont révélées réellement efficaces. Cette étude, publiée par Cybersafety Research Center, dresse un constat alarmant pour les géants de la tech qui, en pratique, semblent avoir du mal à tenir leurs promesses en matière de sécurité.

Ces fonctionnalités, selon les chercheurs, sont beaucoup trop faciles à contourner. Ces derniers ont examiné 86 outils de protection pour les mineurs. Dans le lot se trouvent des fonctions qui permettent de limiter l'accès à des contenus nocifs, d'empêcher à des adultes d'envoyer des messages à des enfants, de restreindre l'utilisation nocturne et d'autres sortes de restrictions pour mieux assurer la sécurité de l'enfant.

Les outils mis en place sont inefficaces dans 73% des cas sur Snapchat, 66% des cas sur Instagram, 55% des cas sur YouTube et 50% des cas sur TikTok. Cette dernière application suggère par exemple des réponses sur "comment prétendre de manger ta nourriture" ou sur la "scarification" pour des requêtes sur des questions relatives aux troubles alimentaires et à l'auto-mutilation. De même sur Snapchat, comme le rapporte un article de CNN, lorsque le mineur commence à taper "troubles alimentaires" sur la barre de recherche de la plateforme, des propositions automatiques lui sont suggérées avec des fautes d'orthographe pour contourner les restrictions.

L'option qui interdit à un adulte d'envoyer un message à un mineur ne fonctionne pas plus sur Snapchat. Sur Instagram, elle est opérationnelle mais peut facilement être contournée : le mineur peut sans problème envoyer un message à un adulte qu'il ne suit pas, et l'adulte peut ensuite y répondre sans restrictions ni alertes. Enfin, sur YouTube, un enfant ou mineur peut facilement contourner les écrans de redirection et consulter le contenu initialement recherché.

Les tests se sont déroulés en deux étapes. Les fonctionnalités ont été examinées à la fois avec un compte enfant, et un compte adulte de 25 ans et plus. Seules les options activables par un enfant/ado ont été étudiées et non celles provenant d'un contrôle parental. Le but étant de cerner si les mineurs rencontrent automatiquement des limitations dans leurs usages, s'ils peuvent les contourner, et si des adultes malintentionnés peuvent contourner ces restrictions.