À chaque installation ou réinstallation de Windows, un nouvel identifiant unique est généré. Jusqu'à récemment, Microsoft n'avait jamais confirmé publiquement l'existence de ce dispositif, qui fait aujourd'hui débat. Impossible de s'en débarrasser sans renoncer à l'utilisation de Windows.
Pendant des années, les modalités de collecte de données de la firme sont restées floues. Mais de nouveaux éléments ont émergé à la faveur d'un acte d'accusation visant un pirate informatique présumé de 19 ans nommé Peter Stokes, révélant l'existence de cet identifiant persistant.
Cet identifiant unique s'appelle Global Device ID (GDID). Il est décrit par un représentant de Microsoft, cité dans un article du site Zive, de la manière suivante : "Le GDID est un identifiant permanent au niveau de l'appareil, destiné à identifier de manière unique une installation du système d'exploitation Windows sur un appareil", quelque soit sa nature.
Selon Microsoft, le GDID sert avant tout à activer Windows, accéder au Microsoft Store, authentifier certains services et lutter contre les fraudes. Il permet ainsi à l'entreprise de reconnaître une même installation de Windows lorsqu'elle communique avec ses serveurs.
L'acte d'accusation révèle que Microsoft est en mesure d'associer le GDID à une adresse IP précise. Si les modalités exactes de son fonctionnement demeurent inconnues, cet identifiant soulève d'importantes questions en matière de protection de la vie privée.
À titre de comparaison, des identifiants similaires existent également sur iOS et Android pour le ciblage publicitaire, mais ils peuvent être réinitialisés par l'utilisateur et leur utilisation est généralement soumise à son consentement, contrairement au GDID.
Pour autant, rien ne prouve à ce stade que le GDID serve à espionner les utilisateurs ou à enregistrer l'ensemble de leurs activités. En revanche, le manque de transparence autour de son fonctionnement continue d'alimenter les interrogations. Selon le collectif Massgrave, les utilisateurs souhaitant limiter au maximum toute forme de suivi peuvent se tourner vers des systèmes d'exploitation open source, réputés plus transparents sur leurs pratiques de collecte de données.