Emily Jardine, une jeune anglaise de 37 ans, ne se prédestinait pas du tout à rejoindre le monde du doublage. Diplômée en études commerciales et refusant de s'inscrire à l'université, la jeune femme voit sa vie changer en 2012, lorsqu'elle tombe sur une petite annonce. Cette dernière propose un poste d'assistante de projet pour un studio d'enregistrement.

Pour Emily, cet emploi est une aubaine : elle va pouvoir chercher et sélectionner des voix pour du doublage et rester dans l'ombre. La jeune femme, assez timide, reste donc du bon côté du micro pendant quelques temps. Un jour, son manager lui demande de réaliser un court enregistrement en studio. Emily Jardine explique dans une courte interview à l'agence "Talk to the Press" : "J'étais terrifiée au point de penser qu'on pouvait entendre mon coeur battre à l'enregistrement, mais je suis tombée éperdument amoureuse de l'exercice."

Les premiers mois sont difficiles, Emily devant même travailler gratuitement pour se faire connaître. Mais elle raconte qu'avec le temps, "les clients ont commencé à me rappeler et j'ai commencé à être payée". Mais progressivement, les offres s'enchainent pour réclamer la voix d'Emily pour des spots et autres publicités. La jeune femme commence à toucher ses premiers salaires en tant que doubleuse et à poser sa voix pour de grandes marques comme Vodafone, Coca-Cola et Milka.

En 2017, Emily prend une décision radicale et quitte l'agence qui l'avait embauchée pour se lancer à son propre compte dans le doublage professionnel. Elle tente bien évidemment de reprendre les marques qui l'ont sollicitée par le passé années et cela paye : plus de 50 agents différents la représentent aujourd'hui à travers 24 pays.

Exerçant désormais depuis chez elle dans un studio bâti au fond de son jardin, Emily explique travailler "tous les jours de 10h à 18h avec jusqu'à dix doublages différents et deux-trois personnes à coacher en parallèle." Alors qu'elle ne gagnait qu'une centaine de livres à ses débuts, la jeune femme perçoit désormais près de 135 000 euros par an en faisant du doublage pour des grandes marques.

Emily Jardine est consciente de la chance qu'elle a. Elle a cependant profité de son entretien pour délivrer quelques conseils aux plus jeunes qui voudraient se lancer dans ce milieu : sortez de votre zone de confort. "Il existe beaucoup de secteurs où le diplôme n'est pas nécessaire. Si ce jour-là, je n'avais pas été poussée hors de ma zone de confort, je n'aurais jamais découvert à quel point j'aimais être derrière un micro".

Si vous voulez entendre la voix d'Emily Jardine, son profil est consultable sur la plateforme Voicefox, agence artistique britannique spécialisée dans la mise en relation avec des artistes de doublage et de voix off pour la pub, les documentaires ou le jeu vidéo.