On croyait le smartphone devenu immortel. Les tendances semblent pourtant évoluer dans la génération Z. Une partie des jeunes nés entre le milieu des années 1990 et le début des années 2010 semble se détourner des smartphones, ou n'ont plus l'obsession d'avoir le dernier iPhone à la mode dans la poche. Face à la fatigue des écrans et des réseaux sociaux, cette génération se tournerait de plus en plus vers les "dumb phones", ces petits téléphones bons marchés qui disposent de fonctionnalités basiques.
Ce phénomène est notamment visible aux Etats-Unis où plusieurs influenceurs comme Jose Briones militent pour le retour des dumb phones ou "feature phones". Cité par l'institut CNBC, le jeune homme déclare notamment que "certains jeunes de la Gen Z en ont assez des écrans de smartphone". Selon ce dernier, cette lassitude nouvelle et les prix exorbitants pousseraient les plus jeunes à se tourner vers des alternatives moins chères.
Aux Etats-Unis, une étude Morning Consult2 publiée en juillet 2024 indique que 28% des adultes de la génération Z se disaient intéressés par l'achat d'un dumb phone, et que 16% déclaraient déjà en posséder un, soit le taux le plus élevé de toutes les générations. A travers le monde, les ventes de téléphones très simples et pas chers semblent le confirmer. Selon Counterpoint Research, les feature phones représentaient environ 15% des ventes mondiales de téléphones en 2024, soit près de 210 millions d'unités écoulées. De quoi conclure que les smartphones concentraient encore 85 % des ventes, certes, mais ce volume n'a rien de négligeable.
Surtout, les ventes de feature phones ont bondi de 25% en 2025 selon Statista. Ce sont l'Europe centrale et orientale, le Moyen-orient, l'Afrique et l'Inde qui représentent les plus grandes parts de marché, les dumb phones étant surtout utilisés en complément des smartphones aux Etats-Unis, en Europe occidentale et en France. Le prix est un argument qui ressort fréquemment, puisqu'un dumb phone coûte en moyenne entre 20 et 100 euros contre plus de 1500 euros pour un smartphone haut de gamme.
Si cette tendance risque de ne pas faire que des heureux chez Apple ou Samsung, elle fait clairement le bonheur de l'entreprise HMD Global qui détient toujours la marque Nokia. La firme a ressorti son fameux 3210 il y a quelques années qu'on trouve encore aujourd'hui pour 70-80 euros en boutique, un argument imbattable face à l'iPhone 16 Pro Max et ses 1 629 euros en France. On peut aussi citer les Nokia 8210, Nokia 5710, Nokia 2660 Flip ou le HMD Touch 4G à 38 euros. Ou encore, à des prix un peu plus élevés, les Light Phone 3 et autres BlackBerry.
En France, le phénomène est patent. Cité par Euronews France comme "un retour au rétro de la génération Z", l'effervescence des vieux objets comme les téléphones à clapet ou les vinyles permet de réduire le doom scrolling et les désagréments des algorithmes. Le média explique que plusieurs jeunes de la Gen Z conservent bien un smartphone classique pour le quotidien, mais s'équipent également d'un dumb phone pour aller au lycée ou partir en week-end.