Le vieillissement n'est pas qu'une affaire de rides. Au fil des années, notre organisme accumule des dommages liés au stress oxydatif, ces réactions chimiques qui abîment les cellules et favorisent maladies cardiovasculaires, cancers et déclin cognitif. Ce processus n'est pourtant pas une fatalité totale et peut être retardé.

Trois leviers permettent de freiner cette usure et sont mis en avant par les professionnels de santé et les autorités sanitaires, de l'OMS à Santé publique France. L'activité physique régulière entretient muscles et articulations. Une hygiène de vie soignée, faite d'un bon sommeil et de la limitation du tabac et de l'alcool, protège l'ensemble du corps. Enfin, l'alimentation joue un rôle central, particulièrement grâce aux fruits et légumes.

Ces végétaux sont riches en polyphénols, un groupe de plus de 500 molécules aux propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires. Le projet InCHIANTI, vaste étude populationnelle sur le vieillissement menée dans la région du Chianti, en Toscane, depuis 1998, a marqué une nouvelle étape en la matière l'année dernière : les participants présentant les plus forts taux de polyphénols montraient une réduction du risque de déclin cognitif de 47%, de déclin physique de 60%, de fragilité de 64% et de la mortalité totale de 30%. Les chercheurs ont observé les effets d'un apport supérieur à 600 mg par jour.

La répartition compte aussi, au delà des 5 fruits et légumes par jour. Selon une vaste étude américaine publiée dans Nature Medicine en mars 2025, suivant plus de 100 000 adultes pendant des décennies, il est préférable de manger 3 portions de légumes et 2 portions de fruits. Les plus intéressants étaient surtout "les légumes à feuilles comme la salade, les épinards et les choux, les carottes, les agrumes et les fruits rouges".

Le Dr Gert Meeus, néphrologue de l'AZ Groeninge, l'un des plus grand centres hospitaliers de Belgique, situé à Courtrai, l'a rappelé dans le journal De Telegraaf la semaine dernière. Pour ce spécialiste des rein, habitué à s'exprimer dans les médias belges, les légumes crucifères — brocolis, choux-fleurs, choux de Bruxelles et autres choux verts - sont bien ceux à privilégier.

Pour le médecin, ces légumes de la famille des Brassicacées constituent en effet de véritables alliés anti-âge. Ils renferment des glucosinolates qui, une fois dégradés dans l'organisme, libèrent des composés protecteurs comme les isothiocyanates et le sulforaphane, réputés pour leur action contre plusieurs cancers. À cela s'ajoutent une richesse en vitamine C, en vitamine K, en acide folique et en fibres, précieuses pour l'immunité et la digestion. Convaincu par ces bienfaits, il reconnaît volontiers avoir changé ses propres habitudes : depuis qu'il connaît leurs vertus, il en consomme bien plus souvent.

Mais Gert Meeus insiste sur un point souvent négligé : "Attention à ne pas trop les cuire", prévient-il. Une cuisson prolongée détruit en effet une partie des composés antioxydants les plus précieux, ces fameux glucosinolates qui se dégradent sous l'effet d'une chaleur excessive. Pour préserver leurs bienfaits, mieux vaut donc privilégier une cuisson courte, à la vapeur ou légèrement croquante.