En France, plus de 1,4 million de personnes vivraient aujourd'hui avec une démence de type Alzheimer (chiffres de 2025), un chiffre qui pourrait doubler d'ici 25 ans selon l'association France Alzheimer. Face à cette progression, chercheurs et médecins traquent le moindre facteur, simple et accessible, capable de préserver le cerveau vieillissant. Et des découvertes portant sur la vitamine D, ont ouvert de nouvelles pistes très récemment.

La vitamine D, nutriment essentiel, ne sert pas seulement au bon fonctionnement des muscles et des nerfs. Elle influence aussi la qualité du sommeil et les cycles veille-sommeil, deux paramètres étroitement liés à la santé cognitive. Or, le sommeil et le cerveau entretiennent une relation à double sens. Environ 50% des personnes atteintes d'une maladie d'Alzheimer modérée à sévère rapportent des troubles du sommeil, signe d'un lien étroit entre privation de sommeil et déclin cognitif.

C'est précisément cette population fragile qu'a étudiée une équipe de chercheurs américains de l'université d'Emory, à Atlanta. Les scientifiques ont suivi 54 adultes présentant un trouble cognitif léger (stade intermédiaire entre le vieillissement normal et la démence) associé à des troubles du sommeil. Chaque participant a passé le test de Montréal (MoCA), un outil de dépistage largement utilisé pour évaluer mémoire et capacités de réflexion, et a déclaré sa propre consommation de compléments de vitamine D via un questionnaire. Les travaux, financés par le National Institute on Aging, paraîtront dans le numéro d'octobre 2026 de la revue Sleep Medicine.

Les premiers résultats déjà dévoilés en ligne sont éloquents : les participants prenant au moins 5 000 UI de vitamine D par jour ont obtenu un score supérieur de plus de 13% au test MoCA par rapport à ceux qui n'en prenaient pas, même après ajustement des autres facteurs. À l'inverse, les doses quotidiennes plus faibles n'étaient associées à aucune amélioration. Autre enseignement : la performance cognitive ne variait pas selon la forme de vitamine D, D2 (issue des plantes ou champignons) ou D3 (produite après exposition au soleil).

L'étude insiste sur l'importance du moment de l'intervention. "Chez les personnes âgées souffrant à la fois de troubles du sommeil et de troubles cognitifs (encore) légers, on peut trouver une période cruciale pour intervenir, au moment où des changements cognitifs commencent à apparaître, mais où il est encore possible de préserver la santé cérébrale", souligne Victoria Pak, autrice principale de l'étude. "Il pourrait devenir de plus en plus important d'identifier les facteurs accessibles et modifiables, tels que la prise de compléments alimentaires à base de vitamine D, dès les premiers stades du déclin cognitif, d'autant plus que les taux de maladie d'Alzheimer continuent d'augmenter", ajoute la chercheuse.