On a tous déjà eu ce moment d'hésitation devant des chaussons en quittant une chambre d'hôtel. La frontière entre ce qui est offert et ce qui est simplement mis à disposition reste floue pour beaucoup de clients. Embarquer le petit flacon de gel douche avant de rendre la clé est un grand classique, mais où s'arrête le souvenir d'hôtel et où commence le vol ? Face aux pertes au check-out, l'hôtellerie commence à sérieusement serrer la vis.

"Il n’y a pas de règle universelle", pose d'emblée Xavier Rousselou porte-parole pour Hotels.com. Pour s’y retrouver, le spécialiste nous livre un repère simple : "La règle générale, c’est qu'on peut emporter ce qui est à usage individuel. C’est-à-dire ce qui est de l’ordre des consommables qui doivent être remplacés au moment où vous allez sortir de la chambre."

Les échantillons de shampoing, les dosettes de café, les petits blocs-notes ou les kits de couture ne poseront donc jamais de problème : ils sont comptés dans le prix de votre nuitée. Les petits chaussons fins en tissu, souvent présentés sous blister plastique, entrent aussi dans cette catégorie car ils ne peuvent pas être réutilisés.

En revanche, si l’objet est durable, c'est interdit. "Ce qui n’est pas autorisé, c’est en gros tout ce qui est réutilisable par l’hôtel", tranche l'expert. Draps, serviettes, vaisselle en céramique ou cintres doivent impérativement rester sur place.

Si la majorité des voyageurs se contente des savons, une étude OnePoll réalisée pour Hotels.com révèle que 28 % des Français avouent avoir déjà dérobé un objet non inclus dans leur réservation. Et la liste des articles est surprenante. En tête de ces petits larcins ? Les produits de beauté ou les peignoirs du spa (38 %), suivis par le linge de lit (draps, couettes, taies) pour 15 % des sondés, la vaisselle de la chambre ou du restaurant (8 %), les snacks du minibar ou les bouteilles du bar (6 % chacun). 

Certains repartent même avec des fleurs ou des plantes du hall ou des objets déco comme des lampes ou des miroirs (4 % chacun), le sèche-cheveux, la machine à café ou le pommeau de douche de la salle de bains (3 % chacun). Quant aux vols les plus fous, Xavier Rousselou nous cite pêle-mêle : le téléphone, des œuvres d'art (peintures, statuettes), des fers à repasser, des écrans TV et même... des tapis de couloir !

Pour limiter les pertes, les sèche-cheveux sont désormais fixés au mur et les gels douche individuels remplacés par des distributeurs fixes. "Ce n'est pas parce que le flacon est plus grand qu'il faut le dévisser", sourit Xavier Rousselou.

Pour les draps ou les peignoirs moelleux des établissements haut de gamme, les hôteliers emploient la haute technologie : des puces RFID invisibles. "C’est un peu comme des systèmes antivols que l’on trouve dans les magasins", nous explique le porte-parole. Une parade devenue indispensable, car "plus vous allez dans un hôtel de luxe, plus les objets sont de bonne qualité, appétissants... et plus la tentation peut être grande."

Que risquent concrètement les clients ? La sanction est d'abord financière. Lors de votre réservation, l'empreinte de votre carte bancaire sert de garantie. "Si vous avez emporté un peignoir alors qu'il n'était pas offert, on peut vous le prélever ou vous réclamer son remboursement après le séjour", prévient l'expert. Si la bonne foi peut être plaidée pour un peignoir ("je pensais que c'était un cadeau"), elle ne tient plus face à des vols majeurs (meubles, téléviseurs), entraînant des poursuites juridiques pour vol et dégradation.

Pour éviter de passer pour un voleur, la règle d'or reste de demander à la réception en cas de doute. Si certains palaces offrent parfois des accessoires logotés, la majorité des hôtels les proposent simplement à la vente. En clair, si aucun mot écrit ne stipule explicitement "nous avons le plaisir de vous offrir cet objet", laissez-le sur place sous peine de voir votre carte bancaire débitée une fois rentré à la maison !