La randonnée en solo est un excellent moyen de décompresser, mais elle comporte des risques et peut vite s'avérer monotone. Or, trouver un partenaire de marche disponible et de même niveau physique est souvent un parcours du combattant. Pour résoudre ce problème, une solution insolite cartonne à l'étranger : payer un inconnu pour marcher à ses côtés.

Cette méthode consiste à louer les services d'un particulier, bon marcheur, pour qu'il devienne votre partenaire d'effort.  Contrairement aux guides professionnels, cet accompagnateur n'est pas là pour assurer la sécurité technique de l'expédition, mais pour combler un vide relationnel. Il marche simplement avec vous, s'adapte à votre allure, vous tient votre bouteille d'eau et vous fait la conversation tout au long du parcours. Une prestation de service qui garantit une présence rassurante sans l'effort émotionnel lié à la rencontre d'un inconnu.

Ce business lucratif de "l’économie de l’accompagnement" explose actuellement en Chine. Sur des plateformes comme Zuwobo ("Loue-moi") ou le réseau social Xiaohongshu, des milliers d’annonces proposent ces services. Comptez environ 10 euros pour un partenaire de jogging, 50 euros pour un trek de 4 heures, 100 euros pour l'ascension d'un sommet en journée et jusqu'à 330 euros pour une journée entière de compagnie.

Face à l'isolement des jeunes urbains dans les mégapoles, les entreprises du secteur affichent une croissance record. Chen Wenxin, fondateur d'une agence locale, explique au site indien Stratnews Global : "J’ai constaté une demande croissante pour les services d’accompagnement en randonnée, et j’ai donc décidé de me lancer dans ce domaine". Son équipe est passée de 10 à près de 370 salariés pour répondre à ce besoin qui s'étend aussi aux services d'écoute pour les chagrins d'amour.

Si payer un compagnon de route reste éloigné des habitudes françaises, la solitude sur les sentiers est un problème bien réel aussi chez nous. En France, de nombreux randonneurs peinent à aligner leurs agendas avec leurs proches. Heureusement, plusieurs alternatives gratuites existent. Des applications comme Komoot ou Wikiloc intègrent des fonctions sociales pour contacter des passionnés ayant fait les mêmes itinéraires. Pour éviter les clubs affiliés à la FFRandonnée, parfois jugés trop rigides, les groupes Facebook régionaux dédiés à la marche à pied sont ultra-efficaces pour organiser des sorties improvisées le week-end.

Le modèle chinois de la compagnie tarifée ne traversera peut-être pas nos frontières de sitôt, mais il montre qu'il est indispensable de mieux connecter les marcheurs entre eux pour que la nature reste un espace de partage accessible à tous et en toute sécurité.