Le monde de l'aviation connaît parfois des sueurs froides. Un atterrissage raté peut vite mal tourner, même avec les meilleurs avions du monde. Quand un avion-cargo flambant neuf manque la piste de justesse, les dégâts matériels coûtent très cher. C'est ce que vient de vivre l'équipage d'un Boeing 777, avec un incident spectaculaire et pas mal de questions en suspens.
L'accident a eu lieu le dimanche 19 juillet, à l'aéroport de Cincinnati aux États-Unis. L'avion de la compagnie Kalitta Air, en provenance de Bruxelles, est sur le point de se poser après 8h30 de vol. Pour une raison que l'on ignore encore, les pilotes décident d'interrompre l'atterrissage au tout dernier moment. Alors qu'ils remettent les gaz pour remonter, l'arrière de l'appareil racle lourdement la piste : la queue dérape sur plusieurs mètres, provoquant une impressionnante pluie d'étincelles.
La tour de contrôle prévient tout de suite les pilotes que leur queue a touché le sol. L'équipage déclare alors une urgence. L'appareil remonte, tourne dans le ciel, et tente une deuxième approche qui est annulée par les contrôleurs. L'avion finit par se poser sans encombre sur une autre piste. La scène a même été filmée en direct par un curieux près de l'aéroport. La bonne nouvelle, c'est qu'aucun pilote n'a été blessé.
Cet appareil n'est pourtant pas n'importe quel avion. Immatriculé N778CK, il s'agit du tout premier Boeing 777 "Big Twin" transformé récemment en avion-cargo par l'entreprise IAI. Capable de transporter 100 tonnes de marchandises, notamment pour le géant de la livraison DHL, il venait d'être mis en service. C'est le premier coup dur pour ce modèle ultra-récent qui offre 25 % de volume de chargement en plus que les versions précédentes.
Un tel choc contre le sol pouvant casser la structure interne de l'appareil, l'avion a été retiré du service immédiatement. Deux jours plus tard, il a été envoyé à vide vers le centre de réparation de Kalitta Air dans le Michigan. Avant d'espérer le faire revoler, les mécaniciens sont en train de tout inspecter à la recherche de fissures ou de tôles tordues à l'arrière.
S'il y a eu plus de peur que de mal, cette affaire va coûter très cher à la compagnie car l'avion reste pour l'instant immobilisé au sol. L'agence américaine de l'aviation (FAA) a ouvert une enquête pour comprendre pourquoi les pilotes ont dû remettre les gaz en urgence, alors que la météo annonçait juste un petit vent de côté ce jour-là. Cet incident rappelle que même avec des avions dernier cri, la phase d'atterrissage reste le moment le plus critique d'un vol.