Travailler jusqu'à 15 heures par jour pour enchaîner les boulots sans aucun temps libre, c'est le quotidien que beaucoup cherchent à fuir. En quête d'un meilleur équilibre, de plus en plus de jeunes quittent l'Europe pour s'installer dans des régions où le coût de la vie permet de respirer enfin.
Direction l'Asie du Sud-Est pour un changement de vie radical. A 23 ans, Sophia Moulson a décidé de tout plaquer. Ancienne coiffeuse et aide à domicile au Royaume-Uni, elle cumulait jusqu'à trois emplois et travaillait entre 11 et 15 heures par jour pour tenter de lancer son entreprise de fitness en ligne. Épuisée par ce rythme infernal et la hausse des prix, elle a pris un billet sans retour en avril 2025 pour poser ses valises à Chiang Mai, une ville située dans le nord de la Thaïlande.
Aujourd'hui, sa vie n'a plus rien à voir. "Ma qualité de vie a radicalement changé", a-t-elle ainsi confié au média Creatorzine. Elle vit dans un bel appartement doté d'une piscine et d'une sécurité permanente, pour un loyer de l'équivalent de 590 euros par mois, avec seulement 58 euros de charges pour l'eau et l'électricité. Pour se déplacer, elle loue un scooter pour 68 euros par mois et fait le plein d'essence pour moins de 6 euros. Le budget global, courses, loisirs et sorties compris, tourne autour de 1 500 à 1 800 euros par mois.
Les prix sur place changent la vie au quotidien. Un repas au restaurant coûte entre 6 et 12 euros, un café coûte 1,20 euro et un massage entre 7 et 10 euros. Cette différence l'a beaucoup surprise au début : "J'ai même découvert que les repas dans les restaurants locaux pouvaient être moins chers que de cuisiner à la maison. Cela m'a vraiment surprise au début".
Mais le plus grand changement concerne son temps libre. Elle ne travaille plus que quelques heures par jour sur son ordinateur pour son activité en ligne. Le reste du temps, elle fait du sport, lit, peint, joue du piano ou apprend le thaï. "Je n’ai plus l’impression que chaque minute de ma journée doit être productive", confie-t-elle. Si elle ignore de quoi l'avenir sera fait, elle ne regrette absolument rien : "La Thaïlande pourrait devenir mon foyer permanent, ou bien ne représenter qu'un chapitre particulier de ma vie. Quoi qu'il en soit, je sais qu'à un âge avancé, je serai reconnaissante d'avoir eu le courage de franchir le pas".